Des propos acerbes, une riposte virulente. C’est ainsi que l’homme d’affaires franco-suisse Alain Duménil a décidé de répondre aux soupçons dont il est la cible de la part du Département fédéral des finances (DFF) et de l’Administration fédérale des contributions (AFC). Dans une longue interview accordée au «Matin Dimanche», le millionnaire se défend d’avoir soustrait 54 millions de francs au fisc, mettant à l’index «un jeune inspecteur» de l’administration assez «bête» pour ne pas avoir distingué les actions que possède personnellement Alain Duménil des celles en main des sociétés que ce dernier contrôle.

L’homme se dit aussi «choqué» par la divulgation de son nom dans plusieurs médias. «Il y a un principe en vigueur dans les pays civilisés qui est la présomption d’innocence. […] Je vais réclamer le manque à gagner. Pas seulement moi, mais aussi mes actionnaires américains, qui ne vont pas se gêner pour faire une class action aux Etats-Unis devant des tribunaux américains», menace-t-il à l’encontre de «L’Hebdo» et du «Tages Anzeiger» qui avaient révélé l’existence d’arrêts du Tribunal fédéral de Bellinzone.

«Entre un violeur et un assassin»

Venimeux encore, Alain Duménil déplore le fait qu’un «gros contribuable» ou une «grosse entreprise» commettant une erreur de 600 000 francs lors sa déclaration, par exemple, puisse se retrouver «entre un violeur et un assassin». «Il n’y aucun pays au monde qui pratique ça.» Et d’ajouter: «Moi, j’affirme qu’elle [Evelyne Widmer-Schlumpf] a été trompée par la DAPE [Division des affaires pénales et enquête de l’AFC], qui lui a donné de fausses informations.»

L’administration comparée à la Stasi

L’actionnaire majoritaire du quotidien économique «L’Agefi» relate également les conséquences des perquisitions de la DAPE sur sa vie privée. «Ils ont menacé ma femme. Ils ont outrepassé leur pouvoir. Ma femme et mes filles vont désormais chez un psychiatre. C’est indigne d’une démocratie, c’est indigne de la Suisse, et ça fait du tort à la place d’affaires. Le peuple suisse doit savoir que demain, chaque individu ayant une surface financière dès 200 000 francs peut subir ce que je vis. C’est le pouvoir de la Stasi!»