Contrairement à la France, la Suisse ne conseille pas aux femmes de se faire enlever à titre préventif cette prothèse, a indiqué vendredi à l’ATS Daniel Lüthi, porte-parole de l’Institut suisse des produits thérapeutiques. Une telle mesure serait démesurée.

Pour l’heure, l’avis scientifique montre qu’il n’y a pas «à ce jour de risque accru de cancer» chez les femmes porteuses de prothèses mammaires PIP. Par ailleurs, une explantation implique une opération qui comporte aussi des risques potentiels.

Swissmedic en reste aux recommandations en vigueur, à savoir se faire contrôler tous les six mois et contacter immédiatement son médecin en cas de problème. L’institut rappelle qu’en Suisse moins de 1% des implantations de ce type a présenté des problèmes. En Grande-Bretagne, avec 40’000 de femmes porteuses, ce taux est d’environ 1%. La rupture de la silicone entourant la prothèse peut entraîner des inflammations.

Au moins 280 femmes en Suisse se sont fait implanter des prothèses mammaires de la société française Poly Implant Prothèse (PIP), surtout dans des cantons romands. L’Agence française des produits de santé avait annoncé en mars 2010 le retrait du marché et le rappel de ce type de prothèse. La Suisse avait aussitôt suivi cet avis.

Le fabricant avait utilisé un gel de silicone industriel de moins bonne qualité que celui qu’il avait déclaré lors de la mise sur le marché du produit. Environ 30’000 femmes sont concernées en France. Vendredi, le ministre français de la Santé Xavier Bertrand a recommandé, «à titre préventif et sans caractère d’urgence», que le retrait des prothèses mammaires PIP soit proposé aux femmes qui les portent.