Surpris par l'intensité des réactions négatives à sa campagne d'affiches très agressives contre Joseph Deiss, le Parti socialiste n'a pas voulu laisser la semaine s'achever sans donner à sa démarche une note plus constructive. Le PS n'a pas agressé qui que ce soit sur le plan personnel, a assuré la vice-présidente du parti, Christine Goll, il n'a fait que dénoncer la passivité du Conseil fédéral dans sa politique économique. Il veut dans une deuxième phase prolonger la discussion en proposant des solutions pour un «pays qui s'enfonce dans la crise», axées sur le maintien des emplois existants et le soutien aux PME.

Le Conseil fédéral met en œuvre des préceptes de la pure école néolibérale, Joseph Deiss a repris le personnel néolibéral dogmatique de son prédécesseur Pascal Couchepin, dénonce pour sa part l'économiste du PS, Rudolf Strahm. Refusant d'attendre la sortie de la crise en restant les bras croisés, le parti a ramassé ses récentes interventions parlementaires en programme économique à court et à moyen terme.

Il faut corriger le programme d'allégement budgétaire en l'adaptant aux principes d'une saine politique conjoncturelle, propose Rudolf Strahm. Pour la deuxième moitié de l'année, il propose également un bonus à l'investissement aux cantons et aux communes, l'octroi de crédits d'incitation aux PME par les banques cantonales, la promotion des places d'apprentissage et des mesures de protection contre la hausse du dollar. Le PS propose que la Banque nationale suisse utilise provisoirement une partie de ses réserves monétaires pour proposer aux exportateurs un dollar à prix fixe.

Productivité à long terme

Au-delà de l'horizon conjoncturel, les socialistes proposent un ensemble de mesures destinées à accroître à long terme la productivité et la capacité concurrentielle. Il s'agirait d'augmenter les moyens dévolus à la formation et à la recherche, de lutter contre la vie chère en autorisant les importations parallèles, de doper la consommation plutôt que l'épargne et d'encourager les nouvelles technologies. Le PS n'hésite pas, enfin, à proposer des allégements fiscaux, pour autant qu'ils soient dûment ciblés sur les investissements.

A plus brève échéance, les parlementaires socialistes promettent d'intervenir dès la rentrée en réaction aux effets d'un chômage élevé et persistant. Le Neuchâtelois Didier Berberat propose notamment de faciliter le recours au chômage partiel et d'inciter les cantons qui connaissent un taux de chômage élevé à demander l'augmentation du nombre d'indemnités journalières. Sans se faire d'illusions, il demande encore le maintien des droits acquis avant le 1er juillet pour les personnes arrivant en fin de droits.