La décision du Bureau des Etats de reporter la création d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) a provoqué des réactions très contrastées du côté des parlementaires. Sans surprise, l’UDC et la gauche se disent «scandalisées» par cette décision. «Ce report empêche le parlement de débattre d’un sujet brûlant!» dénonce le secrétaire général de l’UDC, Martin Baltisser. «C’est le pire des scénarios envisagés.»

Le PS pointe quant à lui, dans un communiqué, «une attitude totalement irresponsable». «Le report à la session d’été de la décision de constituer une CEP sur l’affaire UBS relève de l’obstruction pure et simple.» Pour le PS, la CEP reste «le seul instrument à même de faire toute la lumière sur l’affaire UBS et de rétablir la confiance dans l’Etat de droit helvé­tique.»

La gauche et l’UDC ne comptent toutefois pas en rester là. «Nous réfléchissons, avec le PS, à déposer des interventions afin que le parlement puisse tout de même discuter, durant cette session, de la création d’une CEP», avertit Martin Baltisser. Christian Levrat, le président du PS, confirme: «On peut effectivement considérer ce report comme un refus du bureau d’instituer une commission d’enquête parlementaire. Le PS, les Verts, l’UDC et le PDC peuvent exiger, dès lors, que le plénum du National se prononce sur la question.»

Le PDC? Le parti, qui a dès le début tenu une position ambiguë sur la question, semble cependant s’accommoder de la décision du bureau. «Ce report n’est pas la plus mauvaise des solutions», estime ainsi le président du PDC Christophe Darbellay. Le chef du groupe, Urs Schwaller, renchérit: «La décision du bureau est défendable. Tout le monde a exigé cette CEP. Mais c’est une perte de temps. On donne aux commissions de gestion, qui travaillent depuis dix mois sur ces questions, la possibilité de terminer leurs travaux. Si elles posent les bonnes questions, et se montrent à la hauteur de la tâche, nous serons tous gagnants.»

Enfin, le PLR, opposé dès le départ à une CEP, reste très satisfait. «Nous sommes favorables au fait de confier ce travail à la Commission de gestion», rappelle le Vaudois Charles Favre. «Se précipiter n’aurait pas été une bonne chose.»