«Tout se passe comme si nos solutions étaient plébiscitées, mais que les électeurs ne nous faisaient pas confiance pour les mettre en œuvre», a regretté le président du PSS, Christian Levrat, avec une lucidité teintée d’amertume. C’est pourtant avec une volonté de reconquête de l’électorat social-démocrate que l’assemblée des délégués du PSS, samedi à berne, a décidé à l’unanimité de lancer un référendum contre la révision de l’assurance chômage au cas où la majorité de centre-droit des Chambres fédérales ne reviendrait pas «sur les réductions drastiques des prestations».

Pour le PS, 2010 sera l’année des confrontations sociales, avec le vote sur la réduction du taux de conversion des caisses de pension, la décision sur l’assurance-chômage, un éventuel référendum sur la révision de l’assurance-accident. A une année des élections de 2011, c’est aussi l’occasion pour la social-démocratie de se recentrer sur son coeur d’activité, la politique sociale. Et de remobiliser son électorat traditionnel.

Car les élections s’annoncent difficiles pour les sociaux-démocrates dans les cantons de Berne et de Zurich,  «même s’il n’est pas certain qu’elles débouchent sur des victoires», le président du PSS veut croire que «depuis les élections catastrophiques de 2007 nous remontons la pente. Mais la confiance des électeurs ne reviendra que lentement».

«Nous avons besoin d’assurances sociales pérennes et solides. Mais il serait injuste de faire payer aujourd’hui aux principales victimes de la crise les erreurs du passé. Les travailleuses et travailleurs de ce pays ne sont pas fautifs de la crise et de la débâcle de l’UBS mais en paient quand même les conséquences», a dénoncé la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey. Celle-ci s’en est prise aux banquiers «qui accusent le Conseil fédéral de n’avoir pas vu venir l’orage alors que beaucoup a été fait par certains d’entre eux pour que rien ne bouge le plus longtemps possible».

Le PS a aussi lancé samedi la récolte de signatures «des nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables » qui ambitionne de tripler d’ici à 2020 la part des nouvelles énergies dans la consommation suisse. L’initiative promet ainsi la création de dizaines de milliers d’emplois.