«Une œuvre plutôt pessimiste mais souvent pertinente.» C'est ainsi que le PS qualifie son bilan critique des trois premiers mois de Christoph Blocher au Conseil fédéral, sous la forme du premier chapitre d'un Livre noir intitulé Cent jours avec Blocher – Chronique d'une obstruction annoncée. Treize dossiers ont été sélectionnés par le PS. Hans-Jürg Fehr, son tout nouveau président, déclare clairement vouloir, par cette contribution, démontrer comment le conseiller fédéral cherche à «empêcher ou à freiner des développements cruciaux pour l'avenir de la Suisse».

Hans-Jürg Fehr et les siens déplorent notamment que le nouveau conseiller fédéral UDC se soit beaucoup manifesté en s'efforçant d'obtenir l'arrêt d'une réforme, la réduction massive d'un crédit ou le renvoi sine die d'une révision. Le PS attend toujours des «propositions de solutions réalistes et à même de rallier les majoritaires nécessaires» au Conseil fédéral. En janvier, Christoph Blocher a proposé de ne pas adhérer aux accords de Schengen, troquant la version 100% contre une «illusoire» version «light». Le même mois, il propose de biffer du programme de législature l'objectif à long terme de l'adhésion à l'Union européenne et de retirer du même coup la demande suisse, liste encore le PS. En février, il a notamment tenté de geler le crédit pour le raccordement de la Suisse au réseau ferroviaire européen à grande vitesse. Le catalogue du PS se poursuit. En mars, Christoph Blocher a par exemple cherché à prendre Suisse Tourisme à la gorge en proposant de réduire sa subvention à un franc symbolique. Conclusion de Hans-Jürg Fehr: «Si ses positions étaient intégralement mises en œuvre, l'économie, le tourisme, l'environnement, les transports publics, les grandes villes mais aussi les régions périphériques, sans oublier les personnes salariées devraient faire face à des difficultés supplémentaires».