Le PS profite du retour des questions sociales

Elections Selon le premier baromètre, la bipolarisation du débat politique se renforce

La récente campagne pour l’initiative «Pour une caisse unique» profite actuellement au Parti socialiste, seule formation à présenter un fort taux de mobilisation des électeurs, selon le baromètre électoral réalisé par l’institut gfs.berne pour la RTS un an avant les élections fédérales de 2015. Le PS resterait certes la deuxième formation derrière l’UDC, mais il gagnerait 1,5% de voix si les élections avaient lieu cet automne.

L’UDC devrait rester le premier parti suisse. Mais la formation de Toni Brunner et Christoph Blocher rencontre actuellement des vents contraires. Notamment en raison des doutes de son aile économique quant à l’avenir des relations bilatérales avec l’UE après le vote du 9 février. Il perdrait 2% des voix, au profit du PLR essentiellement.

Le PDC régresse

Autre perdant, le PDC, qui reculerait en raison surtout de sa difficulté à mobiliser son électorat modéré et vieillissant. Ainsi que son absence de poids dans les grands thèmes politiques du moment que sont l’immigration et les assurances sociales. Et cela bien que son président, Christophe Darbellay, se retrouve en tête des présidents de parti pour sa crédibilité. Son allié, le PBD – le parti de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf –, est aussi en recul, confirmant la tendance relevée lors des récentes élections cantonales.

Fait à noter, les Verts et les vert’libéraux font désormais jeu égal à 7,3% d’intentions de vote chacun.

Alors que tous les partis peinent à mobiliser leur électorat potentiel, la progression du PS s’expliquerait largement par une plus forte audience auprès des abstentionnistes habituels. Donc des nouveaux électeurs en puissance.

Le recul du PDC ne surprend guère son président, Christophe Darbellay, selon qui, à une année du scrutin, l’électorat modéré serait plus difficile à mobiliser que d’autres. «Parti centriste, le PDC présente par la force des choses un profil moins affûté que l’UDC ou le PS. L’un profite de la thématique des migrations, l’autre du débat sur les assurances sociales. Mais ce premier sondage est un signal pour renforcer la mobilisation de nos membres et sympathisants.» Il y a évidemment un certain dépit chez le président du PDC à constater que, «régulièrement, nous avons les personnalités les plus appréciées, la conseillère fédérale la plus populaire, sans que cela influence le choix des électeurs pour les personnes par lesquelles ils voudraient être dirigés».

«Clichés verts»

Pour la coprésidente des Verts, Adèle Thorens, «les voix écologistes sont partagées entre deux partis, et les vert’libéraux ont l’avantage de la nouveauté. Nous, les Verts, peinons à nous débarrasser de vieux clichés qui nous défavorisent. Ce mauvais résultat doit nous encourager à mieux valoriser notre travail et notre esprit d’innovation dans l’année à venir.»

Si le PS remonte un peu dans les sondages, c’est évidemment en raison du retour en force des grandes questions sociales – les assurances, le chômage et l’AVS – comme préoccupations principales des Suisses. Sur ces trois thèmes, le PS est largement considéré comme le parti qui peut apporter une vraie solution. L’UDC s’impose en revanche comme le parti apte à résoudre les problèmes de migration. Mais c’est le PLR qui serait, selon le sondage, le plus convaincant pour résoudre le dilemme de nos relations avec l’Union européenne. Mieux que l’UDC. D’ailleurs, plus de la moitié des sympathisants de l’UDC estime que, si la Suisse était confrontée au choix entre maintien des accords bilatéraux avec l’UE ou mise en œuvre stricte des contingents d’immigration, il faudrait privilégier la relation avec l’UE. La prise en main du dossier européen par le libéral-radical Didier Burkhalter est sans doute aussi pour quelque chose dans cette reconnaissance.

Préoccupations

Ce premier sondage confirme ainsi les constats faits depuis trois ans sur la bipolarisation de la scène politique suisse, avec la domination de deux grandes formations, l’UDC et le PS. La première s’impose sur les questions migratoires et européennes de même que, modérément, sur le chômage. Le PS sur toutes les questions sociales. Fait nouveau, l’apparition du PLR sur la seule thématique européenne. Les Verts souffrent, eux, d’être considérés comme parti monothématique avec le seul dossier environnemental. Or le climat et les ressources naturelles ne viennent qu’en huitième position des préoccupations des Suisses.