Le premier sondage électoral de l’année est un choc. Entre l’UDC et les socialistes – deux pôles censés rivaliser pour la domination de l’espace politique suisse –, le jeu n’est plus égal. Avec 30% des intentions de vote, la formation populiste paraît marcher vers l’hégémonie. A l’inverse, le PS ressemble de plus en plus aux partis du centre droit: un label sans leader fort, sans ligne claire, sans programme convaincant.

D’où vient le mal? La stratégie suivie ces derniers mois par les chefs de la gauche y est pour quelque chose. Leur discours monocorde sur les méfaits des bonus et des banques n’a pas mobilisé. Deux paramètres semblent leur avoir échappé. Contrairement à l’UDC, ils perdent des électeurs lorsqu’ils radicalisent leurs positions. Ensuite, brandir les thèmes de la crise sociale, des inégalités et des bas salaires est moins efficace dans un pays en croissance, où le chômage ne concerne directement que 3,8% de la population active.

Le salut du Parti socialiste passe par un recentrage. A dix mois des élections, il n’est pas sûr que sa direction ait le temps et la présence d’esprit de s’y atteler. Mais ne pas le faire serait de prendre le risque d’une défaite historique en octobre prochain.