Ce manifeste est un constat des inégalités actuelles et un catalogue de revendications, a déclaré Martine Docourt, co-présidente des Femmes socialistes. Le Parti socialiste y est aussi la cible de critiques. Elaboré à l'occasion du 100e anniversaire de la création des Femmes socialistes, le texte a été adopté à l'unanimité moins une abstention par l'assemblée de délégués du PS samedi à Olten (SO).

Le document exige l'instauration de la semaine de 35 heures pour toutes et tous avec un niveau de salaire constant. Une proposition demandant que le PS s'engage pour les 25 heures a été rejetée à une nette majorité.

Egalité et transparence salariale

Le texte demande la mise en place immédiate de l'égalité salariale. L'Etat doit créer les conditions nécessaires pour atteindre cet objectif. L'égalité salariale doit s'accompagner d'une transparence des salaires.

Le manifeste réclame en outre un congé parental «suffisant» et identique pour tous. Les 14 semaines actuelles ne suffisent pas: les parents doivent disposer de 50 semaines supplémentaires. Parmi les autres demandes figurent le mariage pour tous, une identité sexuelle plus libre et la fin de la discrimination des personnes non hétérosexuelles.

Les Femmes socialistes exigent aussi l'abrogation du service militaire obligatoire. Le texte original demandait de le remplacer par une milice de volontaires. Les délégués ont toutefois accepté un amendement supprimant toute référence à une milice.

Réseaux masculins

Un chapitre du manifeste est une «critique féministe à l'adresse du PS». La stéréotypisation et l'inégalité des critères appliqués aux hommes et aux femmes existent au sein du PS. Il reste "encore et toujours" des réseaux masculins de type informel à l'intérieur du parti.

Les Femmes socialistes demandent donc l'élaboration de mesures concrètes: davantage de ressources pour le travail féministe, et une représentation paritaire des deux sexes dans les instances de direction du parti. Depuis 1971, le PS a été présidé pendant 41 ans par des hommes et 5 seulement par des femmes.

Les différences salariales entre hommes et femmes sont «une triste réalité», a souligné la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Ce n'est pas seulement «un scandale pour les femmes concernées, mais aussi un scandale politique». L'égalité n'est pas «un voeu exotique», c'est «un droit fondamental», a souligné la socialiste.

Non aux avions de combat

Par ailleurs, le PS s'oppose à l'achat immédiat d'un nouvel avion de combat et veut mettre fin au «réduit national de l'espace aérien». Le parti estime qu'il est possible de prolonger la durée d'utilisation des F/A-18 «largement au-delà de 2030».

«Le PS soutient sans la moindre restriction la garantie de la sécurité dans l'espace aérien suisse». Il n'y a toutefois pas de raison de précipiter le remplacement des F/A-18, selon le «document conceptuel sur les forces aériennes» adopté par 126 voix contre 63 et 6 abstentions lors de l'assemblée des délégués du PS samedi à Olten (SO).

La police aérienne doit offrir «une protection efficace contre les attaques isolées». Le parti rejette en revanche «comme une illusion» la vision d'un «réduit national de l'espace aérien» où la Suisse se défendrait seule «contre le reste du monde».

Pour assurer la police aérienne, le PS estime que huit avions de combat suffisent. Pour des «scénarios plus tendus», le parti renonce pour le moment à avancer un nombre précis d'avions. Dans le texte initial élaboré par le comité directeur, 20 à 30 jets étaient évoqués.

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