Avec un gain de sept sièges lors des élections fédérales, malgré un recul de 0,8% de son électorat, le Parti socialiste se sent en forme ascendante. Il envisage donc «avec une certaine décontraction les élections au Conseil fédéral», a assuré son président Christian Levrat devant l’assemblée des délégués, samedi à Lucerne. Mais si l’UDC en venait à attaquer le siège laissé vacant par Micheline Calmy-Rey, le PS «ne saurait se borner à fournir un seul ministre alibi dans une majorité de droite». Une date pour un congrès extraordinaire, le 11 février, est déjà réservée en cas de coup dur, a prévenu Christian Levrat.

Avec 57 membres, le groupe parlementaire socialiste arrive désormais juste derrière l’UDC et ses 59 mandats. Il a surtout considérablement renforcé sa position au Conseil des Etats où il compte désormais onze sénateurs. Le PS entend profiter de son nouvel élan pour faire avancer les réformes qu’il juge indispensables : sortie du nucléaire, politique familiale, développement des transports publics. Les socialistes on d’ailleurs tenu un débat sur leur participation au Conseil fédéral et confirmé leur attachement au système de concordance. Ils ont ainsi largement repoussé une résolution visant à constituer un gouvernement sans l’UDC, «car personne ne peut garantir qu’un jour le PS soit à son tour victime de ce changement de système».

Cette nouvelle assurance de lui-même incite aussi le PS à affirmer ses positions en politique sociale. Malgré une forte minorité, notamment dans les cantons de Berne et Thurgovie, favorable au projet de réseau de soin «Managed Care» adopté par les Chambres fédérales, les délégués ont décidé ar 124 voix contre 54 de soutenir le référendum lancé par la Fédération suisse des médecins. La majorité de droite a raté l’occasion d’un compromis acceptable en augmentant à 15% la participation individuelle aux frais pour les assurés qui refuseront d’adhérer un tel réseau. Un système qui punit alors qu’il devrait encourager et qui discrimine les assurés de régions périphériques disposant d’une offre réduite ou inexistante. La minorité estimait que le projet avait au moins le mérite de régler la compensation des risques entre assurances. Alors qu’en cas de refus il faudra sans doute attendre encore cinq ans pour une hypothétique solution.

Sans surprise, les délégués socialistes ont appuyé l’exigence d’un vote populaire sur l’acquisition des nouveaux avions de combat, par exemple par le biais d’un référendum sur le plan d’économies destinées à compenser cet achat. Sinon, il pourrait participer à une initiative pour un moratoire sur l’achat de nouveaux avions jusqu’en 2025.

Le PS soutiendra, lors des prochaines votations, l’instauration d’un prix unique du livre, l’initiative pour six semaines de vacances pour tous, le contre-projet à l’initiative « pour des jeux d’argent au service du bien commun ». Mais il s’oppose à l’initiative sur l’épargne-logement qui veut une imposition privilégiée pour ce secteur.