Jean-Claude Doriot est au bord du gouffre. Après sa suspension, les socialistes vaudois ont annoncé hier son exclusion du parti. En même temps, le juge d'instruction qui mène l'enquête sur les pots-de-vin qui aurait été versés au municipal de Montreux a confirmé une information du Régional. Dans son édition de mercredi, l'hebdomadaire gratuit édité à Pully a pu documenter la manipulation d'un projet de préavis concernant la vente controversée du domaine des Bosquets de Fontanivent. Jean-Claude Doriot a bel et bien «corrigé» un texte élaboré par le Service de l'urbanisme de la Ville en faveur d'une offre d'achat de l'architecte actuellement inculpé de corruption dans le cadre de la même affaire.

Les deux nouvelles accablent davantage le magistrat, qui refuse toujours de démissionner de son poste et qui clame son innocence avec force. Raison pour laquelle la Municipalité de Montreux a demandé la semaine passée au Conseil d'Etat de révoquer l'élu. L'exclusion du Parti socialiste prononcée mardi soir et les faits dévoilés mercredi matin par Le Régional montrent à quelle vitesse l'étau se resserre autour de Jean-Claude Doriot. D'autres révélations pourraient alourdir son cas.

La prudence des socialistes manifestée au début de l'affaire, liée à l'enquête en cours et à la présomption d'innocence, laisse désormais la place à la sanction. Surtout que le municipal, précise le communiqué du PS vaudois, «ne s'est pas présenté au rendez-vous prévu pour lui donner la possibilité de s'exprimer». Il aurait dû s'expliquer face à ses camarades sur ce «prêt de 300000 francs sans intérêt et sans clause de remboursement reçu d'un promoteur avec lequel il traitait en tant que municipal de l'Urbanisme», indique encore le communiqué.

«La morale politique la plus élémentaire» impose ainsi au parti d'abandonner à son sort le magistrat fautif. Depuis hier, Jean-Claude Doriot est un peu plus seul. Mais au-delà de l'éthique, les socialistes, reconnaissent-ils, défendent également leurs intérêts. L'exclusion va de pair avec le signalement adressé à la Cour des comptes afin qu'elle examine de près la vente des Bosquets de Fontanivent. L'un et l'autre confirment la volonté du PS de lever tout soupçon délétère de connivence avec Jean-Claude Doriot.