Après l’Union syndicale suisse, c’est au tour du Parti socialiste de demander le retour à un cours plancher de 1 fr.15 pour 1 euro. A la veille de son congrès de Martigny, le Parti socialiste suisse a présenté jeudi à Berne quatre propositions comme réponse à la décision de la BNS de supprimer le taux de change à 1 fr. 20 pour 1 euro. Mais le président du PS Christian Levrat a aussi vivement attaqué les 18 mesures proposées par le PLR qui, selon lui, ne visent qu’à renforcer une politique ultralibérale, avec des baisses de salaires à la clé.

Pour le PS comme pour les syndicats, le taux de change normal devrait se situer entre 1 fr. 35 et 1 fr. 40 pour 1 euro. Dès lors, la décision de la BNS crée une forte insécurité pour les employeurs, en particulier pour l’industrie d’exportation. Le PS craint que la seule réponse soit une vague de dérégulation néolibérale et une baisse généralisée des salaires.

Dès lors, en plus du retour à un taux plancher de 1 fr. 15, les socialistes demandent que la moitié de la distribution des bénéfices de la BNS aux cantons, soit 2 milliards, soit affectée au renforcement de l’assurance chômage et aux programmes de formation continue pour les chômeurs. L’autre moitié devrait être versée à la formation professionnelle. Le PS, qui soutiendra la motion du conseiller aux Etats Hans Altherr (PLR/AR) demandant une révision de la loi sur les cartels interdisant les ententes verticales entre fabricants et distributeurs, exige que les gains de change profitent aux consommateurs.

Enfin le PS annonce vouloir s’opposer par tous les moyens contre des mesures prises au détriment des salariés, comme extension des heures de travail, baisses de salaires ou déréglementation. Le président du PS Christian Levrat a ainsi sévèrement attaqué le programme en 18 points du PLR «qui ne contient rien de nouveau, ne concerne en rien la lutte contre le franc fort mais vise à imposer un credo ultralibéral en profitant de la crise provoquée par le franc fort».