Au milieu d'une séance routinière du Grand Conseil vaudois, les naturalisations ont échauffé les esprits des députés. Une résolution déposée par la socialiste Cesla Amarelle réclamant au parlement «un signal politique fort» contre l'initiative de l'UDC a déclenché la riposte du groupe UDC.

L'empoignade a été véhémente. Une motion d'ordre destiné à boucler la discussion, lancée par les radicaux, a durci davantage l'affrontement. Le vote a tourné en faveur de la résolution avec 69 oui, 41 non et 18 abstentions.

A l'issue du scrutin, la tension restait palpable. L'UDC a dénoncé les manipulations de la gauche. La gauche a accusé les méthodes «terroristes» de l'UDC. Radicaux et libéraux, quant à eux, ont joué la carte des institutions. Olivier Feller et d'autres ont considéré en effet que le Grand Conseil «doit s'occuper en premier lieu des affaires du canton».

Le refus libéral-radical d'adopter la résolution ou l'abstention d'un certain nombre d'élus bourgeois n'entachent pas, ont-ils prétendu, leur opposition à l'initiative pour des naturalisations démocratiques au programme du vote populaire le 1er juin. Mais l'ambiguïté guette, estime un observateur anonyme.

Cesla Amarelle, présidente du PS vaudois, défend sa démarche face à l'absence d'une prise de position officielle du Conseil d'Etat, en raison de l'opposition du ministre UDC Jean-Claude Mermoud.

Certes fédéral, le sujet concerne toutefois de près canton et communes, rétorque-t-elle. De plus, le texte de l'initiative contredit, à ses yeux, la Constitution vaudoise. La résolution fait partie de la campagne menée par la gauche, déclare-t-elle. Au risque de faire le jeu de l'UDC. Pierre-Yves Rapaz, chef du groupe, s'estime d'ailleurs «assez satisfait du résultat».

Olivier Rapin, secrétaire général du bureau du Grand Conseil, note que depuis le début de la législature en juillet 2007, il s'agit de la troisième résolution suscitée par un scrutin national. La condamnation de l'affiche des moutons l'an passé et, il y a peu, le non à l'article constitutionnel sur l'assurance maladie avaient les deux obtenu l'aval du parlement.