Les défenseurs de Jardin City, un ensemble locatif des années trente situé à Pully (VD), ont marqué un point dans leur long combat contre la transformation de leurs logements. Le Tribunal fédéral (TF) a admis leur recours contre le permis de construire et impose à la justice vaudoise de reprendre le dossier, a appris «Le Temps».

L’assurance Swiss Life, qui possède Jardin City, veut construire un troisième immeuble (8 logements) sur le jardin qui donne son nom à cet ensemble de deux bâtiments. Le groupe de locataires qui s’y opposent conteste le calcul du propriétaire, qui n'a pas comptabilisé dans le volume constructible la terrasse en belvédère qui surplombe le parc. Mais les juges vaudois n’ont pas voulu trancher sur cet argument,  ce qui s’apparente à un déni de justice, selon les juges de Mon-Repos.

«C’est un geste fort après six ans de procédure, se félicite Me Yvan Henzer, l’avocat des recourants. Ceux-ci ont maintenant la possibilité de démontrer que la transformation envisagée n'est pas conforme. Si cette version est admise, le projet devra être abandonné.» Le revers infligé au propriétaire sur le permis de construire pourrait influencer favorablement une autre procédure pendante au TF, celle par laquelle certains des habitants de Jardin City contestent la résiliation de leur bail, survenue en 2010. 

De la Cité Jardin à la densification 

L’histoire de Jardin City, la durée et l’âpreté du conflit, le fait qu’il oppose un petit groupe de locataires déterminés à l’assurance Swiss Life, qui passe pour le plus grand propriétaire foncier de Suisse: tous ces éléments en font un cas emblématique dans la problématique de la densification.

Construit entre 1933 et 1936, à la sortie de la dépression, Jardin City illustre, en petit, un modèle urbanistique à la mode. Nées en Angleterre à la fin du 19e siècle, les cités-jardins veulent réconcilier ville et campagne et offrir un cadre de vie convivial. Lui-même locataire, le fondateur de l'association Jardin City, Zdenek Kucera, mène également un combat pour la préservation des villas Belle Epoque de Pully. 

Lire aussi: Le sort de Jardin City est entre les mains des juges fédéraux