Décidément, la saison estivale s’annonce bien sombre pour le tourisme helvétique. Dans une interview publiée dans la «Aargauer Zeitung», Jürg Schmid, le directeur de Suisse Tourisme, se montre plutôt pessimiste quant aux possibilités d’amélioration des résultats d’ici à la fin de cet été. Difficile. «En particulier, dit-il, pour les régions touristiques classiques de montagne.»

En cause? Le franc fort, bien sûr, qui touche durement le tourisme, les hôtels ou les trains de montagne, relève Jürg Schmid. Lequel, interrogé par le journal sur la qualité du service en Suisse, estime que le tourisme en Suisse tient ici la comparaison avec d’autres domaines. «C’est comme dans d’autres branches: un tiers des prestataires sont à la pointe, un tiers peuvent être qualifiés de bons et un tiers doivent faire des efforts, ou alors quitter ce marché.»

Les votes sur Internet jouent un rôle

Par ailleurs, pour encourager l’hospitalité des hôteliers, Suisse Tourisme lance un prix pour récompenser l’hôtel le plus amical de Suisse. «Ici, prévient Jürg Schmid, les appréciations des clients publiées sur Internet jouent un rôle important.»

Quant aux effets de l’initiative sur les résidences secondaires, acceptée en juin dernier par les citoyens suisses, Jürg Schmid se montre réservé. Certes, dit-il, l’acceptation de ce texte a créé la surprise. Mais pour le tourisme suisse, estime-t-il, ce texte représente aussi une chance. D’une part, parce que «nous savons que la beauté de nos paysages est la raison première de la venue des touristes en Suisse». D’autre part, parce que l’initiative de Franz Weber redope l’hôtellerie de montagne. Jürg Schmid assure cependant comprendre la colère des Valaisans et des Grisons.

Enfin, Jürg Schmid, qui souligne que la moitié des clients de l’industrie touristique suisse sont des habitants du pays, relève que ces derniers, particulièrement en temps de crise, «sont très loyaux». Le directeur de Suisse Tourisme, qui relève encore qu’«il n’a jamais été aussi bon marché pour les Suisses que de faire du tourisme en Suisse», assure passer, lui aussi, ses vacances dans le pays.