Les Suisses qui partent en vacances en Suède, Serbie ou au Kosovo devront se mettre en quarantaine dix jours à leur retour. Ces pays figurent sur la liste d’une trentaine de zones jugées à risques d’infection au Covid-19, qui a été publiée jeudi.

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Exception des Emirates

La Suède est le seul pays de l’espace Schengen figurant sur cette liste. Pour les Balkans, la Macédoine du Nord est également concernée. La Russie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bélarus ou encore la Moldavie sont aussi jugés à risque.

Pour l’Amérique, les voyageurs en provenance des Etats-Unis et d’une série de pays d’Amérique du sud devront aussi se mettre en quarantaine. Cela concerne l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Pérou, la République dominicaine, le Honduras, le Panama, Îles Turques-et-Caïques.

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Au Proche-Orient, idem pour Israël, le Bahreïn, le Qatar, l’Irak, Ie Koweit, Oman, l’Arabie saoudite. Pas besoin en revanche de se mettre en quarantaine au retour des Emirats arabes unis. Pour le continent africain, l’Afrique du sud figure sur la liste avec le Cap-Vert.

Pour le masque dans l’espace public

L’Association des médecins cantonaux de Suisse a salué cette mesure, ordonnée mercredi par le Conseil fédéral, aussi bien que l’autre changement majeur en Suisse: l’obligation du port du masque dans les transports publics. Mais cette dernière n’est toutefois pas suffisante pour les médecins cantonaux. Le président de la faîtière, Rudolf Hauri, serait favorable à une obligation du port du masque dans tout l’espace public.

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D’un point de vue épidémiologique, il serait recommandé de porter un masque de protection dans tous les magasins et endroits où il y a des rassemblements de personnes, a-t-il indiqué jeudi sur les ondes de la radio alémanique SRF. Dans une autre émission, l’épidémiologiste à l’EPFL Marcel Salathé s’est aussi félicité du port obligatoire du masque dans les transports publics. Il est convaincu que le port des masques sera étendu à d’autres domaines de la vie publique.

La mise en œuvre de la quarantaine est une tâche supplémentaire afin de retracer la chaîne d’infection, estime Rudolf Hauri. Toutefois, les médecins cantonaux sont préparés et peuvent faire appel à des tiers tels que la Ligue pulmonaire à cette fin. Et de rappeler à l’intention des voyageurs inquiets: une quarantaine n’est cependant pas un séjour en prison, elle contient un élément de liberté.

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Courir après le virus

De son côté, Marcel Salathé est préoccupé par les capacités des cantons. Plusieurs ont signalé qu’ils ne seraient pas en mesure de rechercher suffisamment de contacts si les cas devaient être confirmés plus rapidement. Attirer le virus dans une impasse, pour ainsi dire, en brisant les chaînes d’infection, est crucial pour lutter contre la pandémie.

C’est pourquoi les tests doivent être beaucoup plus rapides, sinon le virus aura toujours un temps d’avance. Le délai entre l’apparition des symptômes, le test et son résultat ne devrait pas excéder un jour. Il faut ensuite prendre 24 heures supplémentaires pour effectuer la recherche des contacts, afin que toutes les personnes concernées puissent être mises en quarantaine ou en isolement. Le virus est rapide, a souligné M. Salathé. Toute personne infectée devient contagieuse en quelques jours.