C'est un budget équilibré qu'a présenté hier la Ville de Genève pour l'année 2009, assorti d'un léger excédent de recettes de 200000 francs. Ce projet est le premier à porter entièrement la marque de l'exécutif élu en 2007.

Le budget pour l'année 2009 est estimé «prudent» par Sandrine Salerno, la magistrate socialiste en charge des Finances et du logement, compte tenu de la santé économique suisse. Il ressort toutefois de ces prévisions budgétaires une hausse des charges nettes de 2,7%. Celle-ci est due notamment à une augmentation des subventions, qui passent de 221,2 à 230,8 millions de francs. Les charges du personnel croissent également (+2,1%). La Ville prévoit de créer pas moins d'une quarantaine de postes ventilés sur la plupart des départements. C'est donc la fin du «personal stop», qui était en vigueur dans l'administration municipale depuis plusieurs années.

Les départements de Sandrine Salerno (Finances et logement) et du radical Pierre Maudet (Environnement et sécurité) seront les principaux bénéficiaires de cette augmentation d'effectifs. L'exécutif table également sur une amélioration du processus de recrutement et sur une augmentation du nombre d'apprentis. «Nous nous sommes rendu compte que certaines de nos obligations légales n'étaient pas remplies», a expliqué Sandrine Salerno, qui se réclame d'une gestion «exemplaire» des ressources humaines.

Les recettes fiscales, en revanche, sont estimées à la baisse (-1,2%). La Ville a budgétisé une diminution de 830 à 820 millions de francs en 2009 par rapport aux comptes 2007.

Des recettes supplémentaires sont attendues de la hausse des loyers et des rentes foncières de la Gérance immobilière municipale, qui ne compenseront pas entièrement le recul fiscal. La dette, quant à elle, s'est rétractée de 140 millions et s'établit à 1,7 milliard à fin 2008.

Pour l'année 2009, l'exécutif genevois a décidé de placer son budget sous le signe de «la ville durable». Cette thématique de la durabilité concerne, selon Sandrine Salerno, «des enjeux modernes et d'actualité que l'on devrait retrouver au niveau social, économique et environnemental». Outre le personnel, le Conseil administratif a établi trois autres priorités.

Le secteur de la petite enfance est à l'honneur, et obtient une augmentation de 4,8 millions de francs de subventions, soit un total de 73,6 millions de francs sur un an. Ainsi que l'a souligné Manuel Tornare, le maire socialiste de Genève (et chef du Département de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports), les dispositions contenues dans la loi du Conseil d'Etat sur «les mamans de jour», projet alternatif aux crèches, restent encore assez «floues».

La culture alternative est également valorisée avec une hausse de 1,8 million de francs, pour l'aide à l'édition et au soutien aux compagnies indépendantes. Moins alternative, la subvention accordée à l'Orchestre de la Suisse romande augmente d'un million de francs.

«Genève ville propre» est la troisième priorité annoncée. Le projet a pour objectif d'améliorer la propreté en ville, avec des efforts particuliers à faire dans la façon de gérer les déchets.