Les prochaines élections dans le canton de Vaud se disputeront entre quatre candidats aux profils antagonistes. Parmi eux, Jean-Marc Vandel. Membre du Parti pirate depuis dix ans, il a annoncé sa candidature jeudi 19 décembre au premier étage du restaurant Lucha Libre, à Lausanne. Cet homme de 51 ans a été choisi par ses camarades pour briguer le siège du Conseil d’Etat laissé vacant par la libérale-radicale Jacqueline de Quattro, élue en octobre dernier au Conseil national. Le Parti libéral-radical a choisi Christelle Luisier pour la remplacer, considérée depuis comme la favorite pour lui succéder sans encombre à ce poste. Mais c’était sans compter les prises de position des petits partis.

Des pas de danse à ceux de la politique

A quelques jours de la date limite du dépôt des listes, fixée ce lundi 23 décembre, le mouvement Grève du climat Vaud a ainsi tiré au sort son représentant anonyme, le 11 décembre, une candidature soutenue par les Jeunes Verts vaudois. Guillaume Morand, dit «Toto Morand», le candidat du Parti de rien, est de retour. Et le Parti pirate vaudois (PPVD) fait son entrée sur la scène politique vaudoise. «Face à une élection tacite, je préfère le débat d’idées», résume Jean-Marc Vandel, qui estime avoir toutes ses chances dans cette élection. «C’est aussi l’occasion de faire connaître nos valeurs: liberté, intégrité et laïcité, poursuit Emmanuelle Germond, présidente de l’assemblée pirate. Nous l’avons choisi pour ses qualités de leadership et d’humanisme.»

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Le Genevois a étudié l’informatique à l’EPFL. «J’ai été sergent-major technique de l’armée, puis j’ai travaillé dans une entreprise familiale sur les tout premiers routeurs basés sur Linux, avant de m’occuper de la gestion de paiements électroniques», commence-t-il. En 1994, il fonde avec des amis une association qui promeut le tango argentin à Lausanne et dans ses environs. Une passion qu’il continue d’exercer en tant que professeur de danse à l’Université de Lausanne. En 2005, dans un bal estival de Morges, le candidat se découvre un talent pour l’animation de soirées et devient DJ Jean-Marc. Aux platines, il enchaîne les morceaux de néo-tango.

Il est aujourd’hui directeur technique d’Open Net, une société qui accompagne la transformation numérique des petites et moyennes entreprises romandes en utilisant des logiciels open source – quand le code source d’un logiciel est accessible à tous et gratuit. Un domaine qu’il défend dans son programme. «Nous ne devons pas être les esclaves des nouvelles technologies et devons nous battre contre l’Etat fouineur et la reconnaissance faciale», déclare-t-il. Le PPVD rassemble actuellement des signatures pour un référendum contre la gestion privée, par UBS et La Poste, des passeports numériques suisses. «Nous devons encourager l’intégrité des individus numériques et l’utilisation de logiciels libres au sein des administrations», poursuit-il.

Pour des transports gratuits et plus de transparence

Un autre axe de bataille du Parti pirate est la déclaration de l’urgence climatique assortie d’«effets contraignants; sinon, cela reste du bla-bla, dit-il. Notre objectif: que le canton de Vaud atteigne la neutralité carbone en 2030.» Pour ce faire, Jean-Marc Vandel reconnaît avoir «beaucoup d’espoir dans la fusion thermonucléaire» et propose la gratuité des transports publics, la défense des circuits courts, ainsi que la consommation de produits locaux. «Il est indispensable de soutenir les artisans et les entrepreneurs, car il faut une économie saine pour mettre en place un programme social généreux», estime-t-il. Jean-Marc Vandel souhaite également convertir les peines de prison-amende légères en travail d’intérêt général pour aider à la réintégration des petits délinquants. «Ce sera plus utile à la société et ainsi, ils ne seront pas entraînés par plus délinquant qu’eux en prison.»

Le Parti pirate défend la transparence totale dans les processus démocratiques «pour que chacun puisse faire des choix éclairés». Le budget de campagne est de 10 000 francs. «Nous serons là où on ne nous attend pas, assure-t-il. Nous espérons, comme nous l’avons fait pour les élections fédérales, une alliance avec les Vert’libéraux vaudois.» Ces derniers se prononceront sur ce point à la sortie de leur assemblée générale de janvier prochain, soit un mois avant l’élection qui aura lieu le 9 février.