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Genève

Quatre idées reçues sur les finances des partis

«Le Temps» a épluché les comptes 2014 des formations et met à mal certains clichés

Quatre idées reçues sur les finances des partis

Genève «Le Temps» a épluché les comptes 2014 des formations et met à mal certains clichés

Chaque année, le rituel se répète. Au 30 juin, la fin de l’année scolaire rime avec le dépôt des comptes des partis politiques genevois pour honorer l’article 29a sur la transparence. Introduit dans le canton de Genève en 1999, renforcé en 2011, le dispositif vise notamment à encourager les partis représentés au Grand Conseil à dévoiler la liste de leurs donateurs… Mais sans les contraindre à déflorer le montant que les généreux mécènes auront dédié à leur parti fétiche. Transparence? Semi-opacité serait plus juste. Voire petite mascarade, sachant que quiconque peut créer une association de soutien, dans le cadre d’élections ou de votations, sans que cela ne figure dans aucune comptabilité de parti.

Sans liste de donateurs, pas d’argent public. Les indemnités versées annuellement par le canton sont honorables: 100 000 francs par parti, 7000 francs pour chaque député siégeant au parlement. Une manne bienvenue pour renflouer des coffres siphonnés en période électorale. En 2014, exercice sur lequel Le Temps s’est penché, presque aucun enjeu n’est venu plomber la santé financière des partis, exception faite de l’élection du procureur général. Pour autant, les comptes des partis révèlent d’étonnantes informations qui mettent à mal quelques clichés et autres idées reçues.

L’extrême gauchen’a pas de sous

En additionnant les recettes du parti SolidaritéS avec le groupe Ensemble à gauche au Grand Conseil et le DAL (Défense des aînés, du logement, de l’emploi et du social), l’extrême gauche genevoise se classe en troisième position – derrière le PLR et le MCG mais devant le PS, le PDC, l’UDC et les Verts – des formations politiques ayant récolté le plus de revenus en 2014. Autre surprise, avec près de 235 000 francs investis dans des opérations de «propagande et de communication», la gauche de la gauche a les reins suffisamment solides pour rivaliser dans la cour des grands.

Comparaison n’est pas raison, rétorque Pablo Cruchon, permanent de SolidaritéS qui rappelle que sa formation subsiste essentiellement grâce aux cotisations de ses membres (88 446 francs) et à la rétrocession des indemnités perçues par ses députés, conseillers municipaux et administratifs (358 616 francs). «A la différence d’autres partis, nos membres nous versent une large partie de leurs revenus, ce qui explique l’ampleur de nos recettes.» Quant aux montants consacrés à la communication, Pablo Cruchon l’explique par le caractère «militant» de l’extrême gauche. «Nous sommes très actifs sur le terrain et multiplions les actions dont le lancement d’initiatives et de référendums. Là encore, alors que d’autres formations politiques bénéficient du soutien de leur parti national, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.»

La gauche, championne de la transparence

Consultés le 5 août, les comptes des partis politiques genevois étaient accompagnés d’une liste de donateurs… A l’exception notable du PS et de SolidaritéS. Du côté des socialistes, son trésorier Pancho Gonzalez concède un retard dans la délivrance du précieux document pour des questions de «vacances et de maladie». En fin de journée, l’intéressé nous a fait parvenir une liste complète, sans mention du montant versé par chaque bienfaiteur.

Quant à SolidaritéS, le parti affirme n’avoir reçu qu’un seul et unique don de la part d’un «mécène» à hauteur de 18 000 francs, sans pour autant dévoiler son identité. «L’argent était destiné à financer une partie de la publication du journal du parti», avance Pablo Cruchon, dont le coût annuel est chiffré à 92 557 francs.

Un généreux mécène occulte alimente les caisses du MCG

A Genève, un nom revient fréquemment lorsqu’il s’agit d’expliquer l’envergure des campagnes que mène le Mouvement Citoyens genevois: Ronald Zacharias. Le propriétaire-promoteur et député au Grand Conseil, est souvent perçu comme l’homme de l’ombre qui alimente les caisses du parti. A en croire les comptes, l’intéressé et sa femme n’auraient versé que 880 francs au parti contestataire. Contacté, Ronald Zacharias indique qu’il a aussi participé au référendum contre les parking-relais, sans se souvenir du montant consacré. Une somme introuvable dans les comptes du MCG.

Le PLR aime les comptes à l’équilibre

Défenseur autoproclamé de l’équilibre budgétaire, apôtre du slogan «zéro déficit», le Parti libéral-radical se retrouve pourtant dans les chiffres rouges avec un manco de 76 419 francs. Secrétaire générale du parti, Laure Del Cano-Gondrand invoque l’absence d’appel de fonds à ses membres durant l’exercice 2014 pour expliquer ce léger déficit. «Par ailleurs, la campagne pour l’élection du procureur général a été plus gourmande en ressources que prévu. Nous avons aussi lancé une campagne de recrutement de nouveaux membres. Enfin, l’initiative pour la traversée de la Rade a aussi sollicité des ressources financières importantes.»

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