Les Verts ne vont pas se réinventer ! Malgré une série de défaites lors des élections cantonales depuis le début de l’année, il n’est pas question pour le parti écologiste de modifier sa ligne avant le rendez-vous électoral fédéral de cet automne. A Renens, dans l’ouest lausannois, l’assemblée des délégués des Verts suisses, consacrée aux recommandations pour les votations du 14 juin, n’en était pas moins marquée par le courant contraire que traversent les idées écologiques.

Comme prévu, c’est sur la question de l’article constitutionnel pour autoriser le diagnostic préimplantatoire que les Verts se sont montrés le plus divisés. L’opposition, provenant surtout de Suisse alémanique, s’est focalisée contre le projet de loi, déjà adopté par le parlement, plutôt que contre l’article lui-même.

Les opposants reprochent notamment à la loi, qui sera vraisemblablement soumise au référendum, d’être trop libérale dans les possibilités de procéder à l’examen préalable des embryons. « Il serait dangereux voire pervers de s’opposer à un article constitutionnel sous prétexte que la loi ne nous convient pas », a prévenu le conseiller aux Etats Luc Recordon. Par 52 voix contre 22 les délégués verts ont décidé de recommander l’acceptation du diagnostic préimplantatoire.

Sans opposition, les Verts recommandent aussi le oui à l’imposition des successions et par 81 voix contre 1 à l’initiative sur les bourses d’étude. Les Verts se sont aussi lancés dans un grand débat sur la généralisation de la redevance radio-TV . Ce sont surtout la définition du service public et la liberté de ne pas payer pour un moyen d’information que l’on n’utilise pas qui ont nourri le débat.

Les délégués ont toutefois décidé par voix 69 oui contre 10 non de soutenir la modification de la loi radio-TV. Pas question de laisser tomber le service public pour permettre l’apparition de télévisions privées au profit de quelques personnages polutiques, a prévenu l’ancien conseiller national Josef Lang.

Les Verts ont également décidé de lancer une campagne d’actions au niveau local en faveur du climat ainsi qu’un plan d’action qui demande la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% par rapport à 1990, notamment par une taxe sur le CO2 sur les carburants, mais aussi sur les produits importés, comme l’électricité provenant de centrales thermiques, ou les billets d’avion.