Deux diplomates canadiens et deux touristes, l’une suisse et l’autre allemande, dont les enlèvements au Niger avaient été revendiqués par la branche nord-africaine d’Al-Qaïda, ont été libérés mercredi dans le nord du Mali, a-t-on appris de source sécuritaire à Gao (nord).

Cependant, leurs ravisseurs retiennent encore deux des quatre touristes européens enlevés le 22 janvier, un Suisse et un Britannique.

«Quatre des six otages viennent d’être libérés. Il s’agit des deux diplomates canadiens, de l’Allemande et de la Suissesse», a-t-on indiqué de source sécuritaire à Gao.

Pas de précisions

Leur libération a été confirmée par une autre source de l’assemblée régionale de Gao, souhaitant conserver l’anonymat.

Au Département des affaires étrangères (DFAE), le porte-parole Andreas Stauffer se contente de dire:

«Nous avons des informations selon lesquelles plusieurs seront bientôt libérés au Mali. Nous continuons à appeler les ravisseurs à libérer les autres otages rapidement et sans conditions.»

En revanche, le DFAE ne donne aucune précision sur le sort des Suisses.

En bonne santé

De son côté, le correspondant au Mali de Radio France Internationale a déclaré que l’opération de libération avait commencé il y a 48 heures, que des voitures avec une plaque d’immatriculation diplomatique ainsi qu’une ambulance avaient été vues partant dans le désert à la recherche des otages, et que ceux-ci étaient désormais libres et en bonne santé, même si deux d’entre eux ont du mal à supporter les chaleurs caniculaires qui règnent en ce moment. Il a aussi indiqué que, selon plusieurs sources, le Mali et des pays voisins, sans plus de précision, avaient joué un rôle central dans cette libération.

Le diplomate canadien Robert Fowler, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Niger, et son collègue Louis Gay, étaient détenus depuis plus de quatre mois. Ils avaient disparu pendant une excursion le 14 décembre dans une mine d’or exploitée par la société canadienne Semafo à Samira, à l’ouest de Niamey.

Plusieurs semaines plus tard, quatre touristes européens – un couple de ressortissants suisses, une Allemande septuagénaire et un Britannique – avaient été enlevés dans la zone frontalière du Mali et du Niger.

En plus de la libération d’islamistes mauritaniens détenus au Mali, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait exigé, en échange de ces otages, la libération d’islamistes arrêtés en Europe, selon une source malienne proche du dossier.

Le 21 mars, le chauffeur nigérien des deux diplomates canadiens avait déjà été libéré au Mali.

Les autorités maliennes avaient ensuite annoncé l’arrestation dans le nord du pays d’un homme présenté comme le «principal suspect de l’enlèvement des quatre touristes européens».

Puis le président malien Amadou Toumani Touré avait fait savoir, début avril, que les six otages étaient en bonne santé et avaient pu recevoir certains de leurs effets personnels. Le chef de l’Etat avait assuré que Bamako travaillait à la libération des otages mais devait se montrer discret.

La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey avait elle-même rencontré vendredi dernier le président malien à Bamako, lors d’une visite de trois jours en Afrique de l’Ouest. La question des quatre touristes européens, dont les deux Suisses, avait été au coeur des discussions. La cheffe de la diplomatie helvétique avait remercié le président Touré pour son engagement personnel et les efforts de son gouvernement dans cette affaire.