Quatre Irakiens soupçonnés d’avoir implanté une cellule terroriste sur le sol suisse comparaissent ce lundi dès 13H30 devant le Tribunal pénal fédéral (TPF), à Bellinzone. C’est un procès particulier, tant par son ampleur, que par les mesures sécuritaires exceptionnelles mises en place dans le périmètre du tribunal: barrières, rues fermées à la circulation, agents armés en poste.

La police cantonale tessinoise indique qu'il s'agit de dispositions nécessaires pour «protéger les magistrats» à l'occasion d'un procès considéré «à haut risque», en raison de l'appartenance présumée des accusés à l'organisation Etat islamique. Les mesures de sécurité sont définies par les services de sécurité de la Confédération au regard du «caractère politique et religieux» du procès, précisent encore les forces de l'ordre.

Les mesures de sécurité ont été renforcées à l'intérieur de la salle d'audience aussi, avec l'interdiction d’emporter des appareils électroniques. Le Ministère public de la Confédération a aussi expressément prié les journalistes «d'éviter de citer le nom» du procureur qui soutient l'accusation.

C’est le cas le plus lourd lié au terrorisme islamiste jamais instruit en Suisse. Les procédures menées jusqu’ici concernaient essentiellement de personnes accusées de propagande. Les quatre prévenus, âgés de 29 à 35 ans, sont quant à eux soupçonnés d’avoir tenté de préparer un attentat terroriste pour le compte de l’organisation Etat islamique depuis leur retraite, dans la campagne de Schaffhouse.

Interceptions de conversations

L’enquête a été ouverte sur la base d’informations du Service de renseignement suisse (SRC), suite à une alerte de leur homologue américain. Toutefois, les recherches menées conjointement par la police judiciaire fédérale et le FBI n’ont pas pu établir concrètement la cible ou le mode opératoire de cet acte terroriste présumé. L’acte d’accusation se base essentiellement sur des interceptions de conversations via Facebook et Skype. Il détaille les conversations des Irakiens avec des complices présumés, membres d’un groupuscule lié à l’Etat islamique.

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Les prévenus doivent répondre de participation et soutien à une organisation criminelle, séjour illégal ou incitation à l’entrée, à la sortie et aux séjours illégaux et, pour l’un d’entre eux, représentation de la violence. Ils encourent une peine de cinq ans de réclusion, voire plus s’ils étaient jugés coupables de plusieurs chefs. Les prévenus rejettent en bloc ces accusations. Trois d’entre eux se trouvent en détention provisoire depuis un an et demi. La Cour des affaires pénales du TPF rendra son jugement le 18 mars.