Armasuisse accusait ce mercredi réception des offres de Dassault (Rafale), Airbus (Eurofighter), Boeing (Super Hornet) et Lockheed Martin (F-35A): «Commence maintenant le travail de rédaction des rapports d’évaluation, qui doivent être finalisés au premier trimestre 2021.» Les Suisses n’auront plus rien à dire sur la suite du processus, toutefois certains constructeurs ne résistent pas à communiquer publiquement.

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«Plus qu’un achat, une alliance»

Assis en ligne à bonne distance les uns des autres, Javier Benosa Lalaguna, ministre-conseiller de l’ambassade d’Espagne, Jane Owen, ambassadrice du Royaume-Uni, Franz Posch, directeur général d’Airbus suisse, Michael Flügger, ambassadeur d’Allemagne, et Silvio Mignano, ambassadeur d’Italie, étaient ce jeudi réunis à l’ambassade d’Allemagne. Leur mission: vanter les mérites de l’Eurofighter, fleuron européen actif en Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, Autriche, Arabie saoudite et au sultanat d’Oman. Et bientôt en Suisse?

«Le maître mot, c’est la transparence», entame Michael Flügger. «Nous accueillons chaque année avec plaisir l’entraînement au vol de nuit des pilotes suisses», poursuit son homologue britannique. «L’Italie a de profonds liens avec la Suisse. La langue, la défense des droits de l’homme, la démocratie», ajoute Silvio Mignano. «L’Espagne a récemment acheté des Pilatus PC-21 pour entraîner ses pilotes. Plus qu’un achat, c’est une alliance», s’enflamme Javier Benosa Lalaguna. «Je pense que l’Eurofighter est la bonne solution pour la Suisse», conclut Franz Posch. Pour des raisons de confidentialité, peu de détails filtrent sur l’offre.

Quatre F-35 assemblés en Suisse

L’après-midi, Lockheed Martin prenait le relais. Avec quelques points concrets: «Nous proposons 40 avions pour le budget de 6 milliards, révèle Mike Kelley, directeur du bureau bernois de la compagnie. L’assemblage de quatre d’entre eux pourrait se faire en Suisse. C’est une opportunité unique. Les F-35 sont présents en Italie, Norvège, Grande-Bretagne, Belgique, Pologne, au Danemark et aux Pays-Bas. Nous disposons d’une très bonne offre.»

«Mais pourquoi cette présentation, puisque le peuple ne se prononcera plus?» demande un journaliste: «Par souci de transparence», répond Mike Kelley. En retrait, Boeing et Dassault poursuivent quant à eux – pour l’instant – la stratégie de la discrétion.