Claude Lässer, président du gouvernement fribourgeois (PLR)

«A Fribourg, nous peinons à comprendre ce débat autour de la langue. Car, pour nous, elle ne représente pas un problème. Fribourg est romand dans son intégralité. Il y a un esprit romand chez les Fribourgeois, quelle que soit leur région, et d’autant plus s’ils sont bilingues. Je ne comprends pas vraiment ce débat qui trahit une méconnaissance des réalités de notre canton. J’ai un problème avec cette façon de faire des différences.»

Francis Python, professeur d’histoire à l’Université de Fribourg

«Je pense qu’une personnalité comme Urs Schwaller peut représenter le canton, mais plus difficilement la Suisse romande. A Fribourg, le fait d’avoir un conseiller fédéral singinois serait bien accepté et ne serait pas lu comme un vœu de domination des Alémaniques. L’intégration de la minorité germanophone au niveau du canton a fortement progressé depuis la moitié du XXe siècle. Nous sommes loin de cette image de la société singinoise méprisée du XIXe siècle représentée politiquement à Fribourg par des aristocrates. Cela dit, l’identité de la minorité du canton est en train de changer. Les différences religieuses s’effacent et le rapport avec les voisins bernois tend à être redéfini.»

François Gross, chroniqueur

«Fribourg ne manque pas de personnalités francophones capables de revêtir la charge de conseiller fédéral. Un changement de génération serait bienvenu. Les rivalités cantonales entre francophones et alémaniques sont actuellement moins vives qu’elles le furent il y a quelques années. Il n’en reste pas moins qu’un exécutif fédéral doit refléter équitablement les composantes linguistiques nationales. C’est important en période de crise.»

Roger de Diesbach, ancien rédacteur en chef de «La Liberté»

«Fribourg dispose d’une excellente conseillère d’Etat démocrate-chrétienne, Isabelle Chassot… Cette nouvelle discussion autour des langues rappelle celle née avec la candidature de Ruth Lüthi en 2002. Finalement, la Fribourgeoise s’est retrouvée victime. Il ne faudrait pas que le même scénario se joue. Cela dit, je trouve important que l’on veille à la bonne représentation des régions linguistiques.»

Jérôme Gachet, rédacteur en chef de «La Gruyère»

«Je crois qu’à Fribourg le fait d’avoir un conseiller fédéral fribourgeois prime. Pour l’heure, les relations sont plutôt saines entre les groupes linguistiques. Nous débattrions peut-être différemment si la proportion de Fribourgeois germanophones au parlement augmentait nettement. Mais je comprends que la Suisse romande puisse ne pas s’estimer représentée avec un conseiller fédéral issu de la partie germanophone.»