Les transports publics fribourgeois (TPF) se portent bien. En 2005, avec un bénéfice de 3,9 millions de francs, ils affichent un résultat en progression pour la 9e année consécutive.

Employant 572 collaborateurs, la société reste toutefois largement redevable des collectivités publiques, dont les subventions pèsent pour près des deux tiers des 100 millions de produits. A elle seule, la Confédération alloue 36 millions à titre d'indemnité de trafic.

A noter également que le transport des voyageurs en train ne rapporte que 6 millions, contre 21 millions pour les bus urbains et les autocars régionaux. Les TPF appartiennent à hauteur de 56% à l'Etat de Fribourg, contre 22% à la Confédération et 17% à la Ville de Fribourg. Dès lors, quelle est la situation réelle de l'entreprise, quelles sont ses perspectives? Le conseiller d'Etat Beat Vonlanthen, président du conseil d'administration fait le point.

Le Temps: Comment définiriez-vous le rôle d'une société comme les TPF dans le contexte actuel?

Beat Vonlanthen: Soutenir un réseau de communication qui est primordial pour le développement économique et social de notre canton. Dans cette perspective, les TPF ont la mission de raffermir la position de Fribourg entre les deux pôles métropolitains bernois et lausannois.

– Les deux tiers de ses produits proviennent de subventions des collectivités publiques. Une entreprise de transport ne peut-elle pas être rentable?

– Le profit est impossible dans l'optique d'une desserte publique qui couvre l'ensemble du territoire fribourgeois. Les TPF assurent 84% de l'offre en bus, autocars et trains du canton. Leurs services ont une réputation d'excellence auprès de la population. Il est normal que les collectivités versent des indemnités pour que la société puisse fournir ses prestations, qui répondent à l'intérêt public.

– Les lignes de chemin de fer sont particulièrement onéreuses. A quoi servent-elles encore?

– Elles représentent l'épine dorsale d'un réseau express régional que Fribourg compte bien développer. L'idée est de mettre sur rail, à moyen terme, un concept train-tram à partir de l'agglomération fribourgeoise qui rendra nos lignes plus attractives.

– Que se passera-t-il le jour où la Confédération coupera les vivres?

– Il est simplement impensable que la Confédération cesse de subventionner les transports publics. C'est un élément trop important pour la cohésion du pays. Mais il est vrai que les crédits-cadres diminuent toujours plus. C'est pour cela que les cantons romands doivent regrouper leur force, s'ils ne veulent pas que leurs lignes ferroviaires soient déclassées.

– Vous mettez en place une communauté tarifaire cantonale. Comment cela fonctionnera-t-il?

– Le principe est simple: à partir du 10 décembre, tous les prestataires opérant sur le sol fribourgeois reconnaîtront les titres de voyage de leurs concurrents. Il sera ainsi possible de transiter par plusieurs compagnies avec un seul billet.

Les discussions avec nos principaux partenaires (CFF, BLS et Car postal) sont en bonne voie; il reste six mois pour trouver les solutions adéquates, notamment en terme d'abonnements.

– Les TPF abandonnent le trafic marchandises. Pourquoi?

– Ce marché a été complètement libéralisé, et nous n'avons pas les moyens de lutter contre les CFF Cargo, qui reprendront dès le 10 décembre, la totalité de ce transport. A ce sujet, le canton de Fribourg veut obtenir des garanties, en particulier pour la desserte de l'usine Cailler à Broc, qui est importante pour son économie.