Opposant acharné au projet de tour pour l'Office fédéral de la statistique (OFS) près de la gare à Neuchâtel, Christian van Gessel lance, avec l'association Urbacité, une initiative communale intitulée «Plus de démocratie en urbanisme». Elle exige que les citoyens puissent se prononcer par votation «chaque fois qu'il est prévu de construire un bâtiment d'une certaine importance». Les initiants l'ont fixée à tout projet de plus de 23 mètres de haut, 55 mètres de long et d'un volume jugé inhabituel.

Le comité d'initiative a trois mois pour recueillir un peu plus de 3500 signatures. La première moisson de paraphes, le week-end passé, l'incite à l'optimisme.

Le Temps: L'initiative vise-t-elle en priorité le projet de tour de l'OFS?

Christian van Gessel: Historiquement, notre combat concerne le projet d'extension de l'Office fédéral de la statistique et sa tour de 45 mètres. A l'époque, nous avions lancé un référendum. En neuf jours, nous avons réuni plus de 3000 signatures, il n'en manquait que quelques-unes pour provoquer la votation. Aujourd'hui, la procédure d'opposition au projet est toujours pendante devant le Tribunal fédéral.

L'opposition à la tour de l'OFS montre que les projets urbanistiques suscitent le débat. Il appartient au souverain de cautionner ou d'éliminer une construction susceptible de détonner.

– Etes-vous un Neinsager des projets urbanistiques?

– Non. Nous voulons qu'en matière urbanistique, le peuple ait le dernier mot. Libre à lui, par exemple, d'accepter ou de refuser la tour de l'OFS, ou d'autres projets comme les immeubles locatifs des Triades à Serrières

et les repères visuels prévus à Neuchâtel.

– Votre initiative est-elle une marque de défiance à l'égard des autorités communales?

– Au départ, oui. Mais en y regardant de plus près, nous leur rendons service, en les allégeant du fardeau de l'esthétisme et du bon goût, des notions subjectives qu'il appartient au peuple de déterminer. Une décision populaire positive légitimera une construction, un atout appréciable pour l'autorité.

– Votre initiative ne risque-t-elle pas de paralyser les projets?

– C'est l'argument qu'on nous oppose. C'est en fait l'inverse. Aujourd'hui, les procédures d'opposition sont longues et lourdes. Une votation populaire sur le principe même d'une construction clarifiera la situation. Notre démarche est originale. Neuchâtel peut servir de laboratoire.

Propos recueillis par Serge Jubin