Lors de l'inauguration du 71e Salon, le chef du Département de l'économie, de l'emploi et des Affaires extérieures, et président du Conseil d'Etat genevois, Carlo Lamprecht, va lancer l'idée d'organiser un forum de réflexion sur l'automobile. Objectif: réunir tous les acteurs – nationaux et internationaux –, que ce soient les constructeurs automobiles, les urbanistes, les écologistes, ou encore les sociologues, pour discuter de l'avenir de la voiture dans nos villes. Genève est un excellent laboratoire d'observation, d'après Carlo Lamprecht. «Avec une densité d'une voiture pour deux habitants – contre un véhicule pour 11 habitants en moyenne mondiale – la ville n'échappe pas aux embarras d'une circulation toujours plus dense.» Mais le Salon est une manifestation à laquelle les Genevois sont attachés, car chaque année – directement et indirectement – il rapporte 170 millions de francs à l'économie locale. En comparaison, Telecom ramène 650 millions de francs, soit à peu près une somme équivalente au Salon; mais la manifestation n'a lieu que tous les quatre ans. Grâce à Palexpo, ce sont 42 millions de revenus qui entrent dans les caisses de l'Etat annuellement sous forme d'impôts. Joint par téléphone dans son chalet en Valais, Carlo Lamprecht dévoile la teneur de son discours en avant-première.

Le Temps: Pourquoi lancez-vous cette idée aujourd'hui?

Carlo Lamprecht: Nous sommes en train d'agrandir Palexpo dans le but de répondre aux besoins de Telecom et à l'extraordinaire développement du Salon de l'automobile. Grâce à eux, nous avons maintenant des infrastructures extrêmement performantes, et qui nous permettraient d'organiser ce type de rencontres sans problème.

– Quelle est la nouveauté de votre initiative?

– La voiture fait désormais rêver tout le monde. C'est un outil magnifique, mais qu'il faut, aujourd'hui, gérer, et qui implique que l'on réfléchisse à son avenir. C'est un succès, mais qui, en même temps, pose un problème. Le Salon de l'automobile à Genève est le plus prisé au monde. Donc, il devrait, dès l'an prochain, pouvoir réunir facilement des urbanistes, des écologistes, des sociologues et des constructeurs automobiles, pour discuter ensemble du développement de l'automobile dans le monde.

– Qui organiserait ce grand forum de l'automobile?

– Genève est un lieu symbolique. C'est au Salon de l'automobile de l'organiser et non à l'Etat. Il pourrait mieux convaincre les constructeurs d'y adhérer.

Propos recueillis par May Piaget