La fonction publique neuchâteloise a répondu en ordre dispersé hier après-midi au préavis de grève voté par le Syndicat de la fonction publique (SSP-RN). Après s'être rassemblés à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds au début de l'après-midi, environ 500 fonctionnaires se sont retrouvés à 15 h 45 devant la gare du chef-lieu. Dans l'après-midi, Thierry Gonzales, en charge des ressources humaines de l'administration cantonale, jugeait la mobilisation «limitée». La majorité des services de l'Etat ont pu compter sur l'engagement des effectifs habituels.

Comme il y a deux semaines (LT du 17.11.2004), fonctionnaires et syndicalistes ont fustigé un budget 2005 qui prévoit notamment une compensation du renchérissement bloquée à 0,1% et la hausse d'un demi-point pour les employés de la cotisation pour la caisse de pension de l'Etat. Ils ont également mis en cause «la campagne de désinformation» du Conseil d'Etat menée avec la complicité de certains médias.

Le Temps: Il y a eu aujourd'hui environ 500 grévistes sur les quelque 11 000 employés que compte la fonction publique. Comment expliquez-vous cette faible mobilisation?

Daniel Ziegler: Vous savez, on ne descend pas dans la rue et on ne fait pas la grève de gaîté de cœur. Contre le salaire au mérite, il y a cinq ans, la mobilisation était certes plus forte. Mais c'était un sujet plus facile à comprendre. Aujourd'hui, beaucoup de fonctionnaires ne comprennent pas que l'an prochain, à pareille époque, le Conseil d'Etat ne parlera plus seulement de limiter l'indexation au coût de la vie à 0,1%. Comme il ne pouvait prendre cette mesure que deux ans de suite, il sera tenté de proposer au Grand Conseil d'abroger le principe même de l'indexation.

– Même s'il partage votre point de vue, le Syndicat autonome des enseignants neuchâtelois (Saen) a renoncé à participer à la grève. Le personnel administratif de la commune de Saint-Blaise a de son côté appelé les fonctionnaires «à faire preuve de décence» par rapport au secteur privé. Ces prises de position ne brouillent-elles pas votre message?

– Ces éléments rendent notre action plus difficile, c'est certain. Mais en tant que syndicat, nous n'avons pas le droit de baisser les bras. Quand la fonction publique est prise à parti, on se doit de réagir. Si on ne le fait pas, qui le fera?

– Avec cette grève peu suivie, n'avez-vous pas l'impression d'être en décalage avec les soucis du plus grand nombre et de passer pour des enfants gâtés?

– Il faut arrêter avec ces vieux clichés qui collent à la peau de la fonction publique: la sécurité de l'emploi n'existe plus, la pression augmente, les heures supplémentaires s'accumulent… Dans ce contexte, il faut résister, comme on l'a fait pour un salaire au mérite qui s'avère aujourd'hui contre-productif.