Colère et résignation. Voilà les deux sentiments qui animent Fribourg après l'annonce de la fermeture du call center de CFF Cargo (LT du 16.05.2008). Les employés renoncent à se défendre. Ils n'étaient que 23 (sur 180) à avoir participé à l'assemblée du personnel menée vendredi sous l'égide du Syndicat du personnel des transports (SEV). Lequel a paru bien mou tout au long de la crise. Le Parti socialiste et les syndicats fribourgeois, quant à eux, crient leur révolte. Ils accusent le Conseil d'Etat d'avoir lâché le centre et critiquent la convention signée jeudi entre les CFF et le canton.

Le Temps: Le PSF estime que le Conseil d'Etat a mal négocié avec les CFF. Il a tout de même obtenu de nouveaux emplois, non?

David Bonny: Le gouvernement fribourgeois se réjouit des nouveaux postes de travail garantis par les CFF, au travers de la création d'un centre de service dans les ressources humaines. Mais la décision n'est pas encore prise. Ce qui est sûr, c'est que Fribourg a perdu des emplois. Même si le projet se réalise, le nouveau site ne comptera au mieux qu'une cinquantaine de collaborateurs, contre 180 actuellement. Le bilan est donc plus que négatif. Le Conseil d'Etat a lâché la proie pour l'ombre.

- Selon vous, la convention passée avec les CFF est une «suite de déclarations ampoulées». Elle promet pourtant la création d'un RER fribourgeois.

- L'annonce de ce réseau express régional me paraît être de la poudre de perlimpinpin. Voyez le canton de Vaud, où le développement du RER se fait en fonction des ressources disponibles, par étapes. Pourquoi Fribourg ne procède-t-il pas de cette manière? Le projet promis me semble très lointain. Il devra de toute façon être financé par le canton et les communes, donc par la population fribourgeoise. De manière générale, la convention n'amène rien de significatif. La construction de l'arrêt de Saint-Léonard, par exemple, était de toute façon planifiée. Elle est juste avancée d'un an ou deux.

- Que pensez-vous de la déclaration du conseiller d'Etat Beat Vonlanthen, qui parle d'une situation «win/win»?

- Il n'y a pas de «gagnant/gagnant». Il n'y a qu'un perdant, et c'est Fribourg. Les emplois sont perdus. Pour le reste, ce sont des promesses. Ces propos étaient déplacés, d'autant plus que le Grand Conseil a adopté en avril une résolution pour le maintien du centre de service clientèle de CFF Cargo.

- Le SEV a été tenu à l'écart des négociations. Sa réaction est molle. A-t-il réellement défendu les employés fribourgeois de CFF Cargo?

- Le SEV a réclamé des explications et des chiffres qu'il n'a jamais obtenus. Les CFF ont discuté uniquement avec le Conseil d'Etat, le laissant sur la touche, malgré ses demandes pour participer aux discussions. Cela dit, c'est vrai que, le jour de l'annonce de la fermeture du centre, on a peu vu le SEV.