Bâle a soudain pris un petit coup de jeune: depuis le 22 juillet et jusqu'à samedi, 250 jeunes entre 18 et 20 ans, provenant de plus de 30 pays d'Europe, investissent la ville pour débattre de politique. Ils siègent au Parlement européen des jeunes (PEJ). Créé en 1988, le PEJ a trois sessions annuelles, dans trois différentes villes d'Europe. Les Suisses y participent depuis 1995, et Berne a été la première ville suisse à accueillir le PEJ, en 2000. Le parlementaire suisse David Herrmann revient sur la session bâloise.

Le Temps: Cette session, la 49e du genre, a pour thème «Casser la tradition – nouveaux moyens de changer le monde». Comment les Suisses se profilent-ils?

David Herrmann: Nous sommes en fait six, répartis dans plusieurs comités: nous ne pouvons donc pas vraiment parler d'une «idée» ou «résolution» suisse. Quinze comités proposeront chacun une résolution, concernant la recherche génétique par exemple; elles seront transmises aujourd'hui au directeur de la jeunesse et du sport du Conseil de l'Europe, Michael Weingartner, ainsi qu'au commissaire de l'UE pour les impôts et l'union douanière, Laszlo Kovacs, présents à Bâle. Avant, chaque comité aura défendu ses différentes idées, acceptées ou non en plénum, et chacun aura eu l'occasion de s'exprimer.

– La transmission de vos résolutions au Parlement européen et au Conseil de l'Europe apparaît avant tout comme un acte symbolique. Croyez-vous réellement qu'elles puissent avoir un quelconque poids?

– Bien sûr que nous le pensons! Et ce d'autant plus que nous avons renforcé nos relations avec le Parlement européen et le Conseil de l'Europe depuis environ un an et demi. Nous voulons absolument leur transmettre les préoccupations de la jeunesse, dont ils doivent tenir compte, et allons donc faire en sorte d'assurer un suivi de nos résolutions, pour qu'elles ne restent pas simplement coincées sur une table. Ce que j'attends de cette session? Que les jeunes aient le courage de briser les traditions et de construire pas à pas notre avenir avec de nouvelles idées.

– De quels soutiens financiers disposez-vous pour vous faire entendre?

– C'est surtout la fondation éponyme de Hans Schwarzkopf (ndlr: fabricant de soins capillaires) qui nous soutient. Et puis, pour chaque session, c'est aux organisateurs du pays hôte de trouver des donateurs et des sponsors. Ce qui n'est pas toujours évident…