Les Verts vaudois se sont prononcés nettement, en comité élargi, en faveur du projet de Musée des beaux-arts de Bellerive, à Lausanne. Une décision prise par 48 voix contre 18, avec 11 abstentions. Cette réalisation controversée sera soumise au peuple vaudois le 30 novembre prochain, un référendum contre le crédit d'étude ayant abouti. Le point avec la Verte France Manghardt.

Le Temps: Les Verts vaudois qui expriment un large soutien au nouveau Musée des beaux-arts, c'est plutôt une surprise!

France Manghardt: C'est vrai, nous n'attendions pas un résultat aussi net. Pourtant, ce n'est pas notre première prise de position dans ce sens. En 2002 déjà, la majorité du groupe du Grand Conseil avait soutenu le projet.

- Ces derniers temps, on entendait surtout des voix écologistes contraires ou très réticentes. Comme les Lausannois Yves Ferrari, qui préfère Rumine, et Pierre Santschi, qui préside le comité référendaire...

- Pierre Santschi a défendu le non, au cours de notre débat contradictoire de mercredi soir, alors que c'est Philippe Biéler qui défendait le projet. Yves Ferrari n'a jamais été complètement contre. Il a défendu une solution alternative et plaide surtout pour que l'on étudie le réaménagement du Palais de Rumine et de la place de la Riponne. C'est un objectif que le parti soutient, parallèlement à la réalisation du nouveau musée. Il n'y a pas de clivage entre les Verts lausannois et ceux du reste du canton: le comité des Verts lausannois a lui aussi pris position en faveur du projet officiel.

- Quel argument en faveur du musée a-t-il le plus de poids chez les Verts?

- Le Musée de Bellerive va revaloriser tout un coin de Lausanne qui aujourd'hui n'est pas mis en valeur. On parle beaucoup des rives du lac dans cette affaire, mais c'est justement l'occasion de mettre en valeur un superbe espace à la fois naturel et façonné par l'homme. Pour les Verts, il est important de créer des lieux qui rassemblent. Ce projet s'inscrit parfaitement dans une démarche de développement durable. Il répond aussi à l'ambition de placer le canton de Vaud comme centre de la culture dans l'Arc lémanique.

- Le souci esthétique concernant le bâtiment passe à l'arrière-plan?

- Pour le moment en tout cas. N'oublions pas qu'il s'agit de voter sur un crédit d'étude. Le projet n'est pas encore gravé dans le marbre. Nous voulions donner un signal fort en faveur du projet, nous ne donnons pas une carte blanche.

- A quel point les Verts s'engageront-ils dans la campagne qui s'annonce?

- Nous devons en discuter ces prochains jours. Nous rejoindrons probablement le comité de soutien. Mais nous aurons à répartir nos forces. On votera aussi le 30 novembre sur d'autres sujets qui nous tiennent très à cœur, le droit de recours des associations, bien sûr, mais aussi la fumée passive sur le plan vaudois.