Les Fribourgeois voteront sur la libéralisation des machines à sous. Le référendum lancé contre le texte adopté en décembre par le Grand Conseil a abouti. Prévoyant d'augmenter la mise maximale de 2 à 5 francs, d'autoriser les gains illimités et de passer de 2 à 10 machines par salon de jeux, le projet avait été voté en réaction à l'interdiction des appareils de hasard dans les établissements publics, casinos exceptés. Dès le 1er avril, seuls les jeux dits d'adresse auront droit de cité dans les cafés-restaurants. Président du comité référendaire, le député François Weissbaum, du groupe Ouverture, expose ses arguments.

Le Temps: Pourquoi ce référendum?

François Weissbaum: Objet d'un âpre débat au Grand Conseil, cette loi a de gros défauts. Avec elle, les gains des jeux ne retournent pas à l'utilité publique – contrairement à ce qui se passe avec les bénéfices engendrés par la Loterie romande, par exemple. Mais là, c'est de l'argent facile, imposé de manière légère, qui va directement dans les poches de privés (en premier lieu les constructeurs de machines à sous).

– Dès vendredi, les jeux de hasard seront interdits dans les cafés-restaurants fribourgeois. Face aux périls engendrés par ces appareils, cela ne constitue-t-il pas une protection suffisante de la population?

– Non. C'est vrai qu'en vertu de la législation fédérale, les jeux de hasard ne seront plus autorisés que dans les casinos. Mais avec les machines à sous dites d'adresse, on a imaginé un moyen de contourner la loi. Ces appareils seront autorisés dans les établissements publics, pour autant qu'il existe une base légale dans les cantons concernés. Or c'est le cas à Fribourg, contrairement aux autres cantons romands. Cela dit, en attendant la votation populaire (ndlr: en principe le 25 septembre), les jeux d'adresse installés préalablement dans les bistrots fribourgeois seront parfaitement illégaux.

– Dans le domaine des machines à sous, les deux entreprises fribourgeoises Proms et Escor sont leaders, et pourvoyeuses d'emplois. Voulez-vous leur mort?

– Pas du tout. Il faut voir que ce marché est global et ne se résume pas à des machines à sous dans les bistrots fribourgeois. Ces entreprises ont d'autres domaines d'activité (salons de jeux, jeux électroniques). Par ailleurs, les appareils installés dans les casinos leur offrent des possibilités de développement. Les lois particulières en vigueur dans certains cantons alémaniques aussi. La problématique des emplois dans le canton est donc restreinte.

– La récolte des 6000 signatures nécessaires pour que le référendum aboutisse a été laborieuse. Croyez-vous en ses chances?

– Oui. Les échos sont positifs. Il est vrai que la récolte a démarré en douceur, un peu par manque de travail de notre part: nous étions trop sûrs d'avoir cause gagnée au départ.