Les partisans du stade de Genève croyaient être tranquilles. Aucun référendum n'avait été lancé après que le Grand Conseil a accepté le déclassement de terrain permettant de construire le stade de football et le centre commercial à La Praille. Le Conseil d'Etat a ensuite publié le projet de plan localisé de quartier et c'est là que surgit une opposition, celle du WWF. Si les critiques de l'association ne sont pas prises en compte, celle-ci pourrait faire recours lors de la délivrance des autorisations de construire: une procédure à même de retarder le démarrage du projet. Les explications de Françoise Chappaz, du WWF-Genève.

Le Temps: Pourquoi le WWF s'oppose-t-il au stade?

Françoise Chappaz: Soyons précis! Comme nous l'écrivons dans le texte envoyé au Conseil d'Etat, nous ne sommes pas opposés au stade, ni au centre commercial. Nous sommes contre la construction du centre commercial à l'endroit où il est prévu actuellement car il n'est pas placé sur le réseau des transports publics.

– Où proposez-vous de le mettre?

– Sur un terrain libre situé plus près du Bachet-de-Pesay, à côté d'un arrêt de tram. C'est une bonne affaire pour les commerçants car un centre situé à côté d'un arrêt des transports publics voit sa clientèle augmenter de 20 à 25%.

– Le concept du stade lié au centre commercial et de loisirs, ainsi qu'au centre de conférences forme un tout, le pôle sportif se nourrissant du pôle commercial et inversement…

– A mon avis, pour quelques centaines de mètres de distance, on peut séparer les choses sans que le concept s'écroule. Je n'en peux plus des paquets ficelés imposés qui empêchent tout débat.

– Vous vous en prenez aussi à l'étude d'impact sur l'environnement, que vous jugez insuffisante. Pourquoi?

– Cette étude parle à 98% du stade qui accueillera une grande manifestation une fois par mois peut-être! Or ce qui nous intéresse, c'est le quotidien et donc l'impact du centre commercial de 32 000 mètres carrés, du parking de 1000 places et de la nouvelle ligne de chemin de fer destinée à des trains de passagers.