Le Valais veut renforcer les soins à domicile. Par la loi qu'il vient de mettre en consultation, l'Etat doit assurer complètement le financement des Centres médico-sociaux (CMS). Les communes seront en conséquence allégées de 12 millions. En contrepartie, elles devront s'impliquer d'autant dans les coûts d'exploitation des EMS.

Le Temps: Pourquoi dégager les communes du financement du déficit des soins à domicile?

Georges Dupuis: Tout au long de ces dernières années, l'implication financière des communes a eu comme effet que celles-ci ont joué un rôle de frein. Dans certaines régions, les soins à domicile sont insuffisamment développés. Comme c'est précisément cette forme de soins que nous entendons développer pour faire face au vieillissement démographique, il vaut mieux que le canton en soi entièrement responsable financièrement.

– La logique ne voudrait-elle pas que les soins de proximité soient assurés par le pouvoir de proximité?

– Nous n'entendons pas du tout que l'opérationnel des soins à domicile soit géré de manière centralisée par le canton. Nous laissons ce soin aux communes, qui en effet gèrent mieux la proximité. Mais avec un financement cantonal pour lever le frein aux investissements. Nous aurons les deux.

– Entre les soins à domicile et l'EMS, il y a les appartements protégés. Où en est-on en Valais?

– La région de Sierre a développé des projets pilotes qui marchent vraiment bien, sous l'impulsion de Michel Hagmann, démographe et directeur fraîchement retraité du CMS de Sierre. C'est ce type de réalisations que nous aimerions étendre au reste du canton.

– Quels sont les besoins d'investissement en lits d'EMS dans le canton?

– Pour le moment, c'est juste juste. Il n'y a de déficit que dans la région de Brigue, où il a fallu ouvrir une douzaine de lits d'attente dans les hôpitaux. Le taux d'hébergement valaisan en EMS est relativement bas et nous aimerions justement qu'il le reste. Actuellement, nous comptons 2400 lits pour 380 000 habitants. Une modeste augmentation est prévue d'ici à 2012, mais il n'est pas question de construire à tour de bras. Notre projet de loi prévoit que les investissements seront financés pour un tiers par le canton, un tiers par les communes et un tiers par les EMS eux-mêmes.

– Vaud a tenté récemment, pour financer les investissements, de percevoir un loyer sur les pensionnaires qui en ont les moyens. Avez-vous envisagé cette solution?

– Nous ne faisons pas directement appel aux pensionnaires. Mais il n'est pas impossible que des EMS décident, pour le tiers qui leur incombera et si leurs tarifs ne sont pas trop élevés, de répercuter une partie du coût sur la facture hôtelière.