Chaque année, à l'occasion de la fête nationale du 1er Août, la Fondation Pro Patria organise une grande collecte. Les fonds récoltés permettent de financer des œuvres sociales, de restaurer des biens culturels et d'encourager les échanges entre les différentes régions linguistiques. Samedi, la fondation a réuni son assemblée annuelle dans la salle du Grand Conseil de Genève. Genève, canton qui apporte la plus faible contribution financière par habitant en Suisse. Président de la section genevoise, Georges Queloz explique pourquoi.

Le Temps: Pouvez-vous préciser ce qu'est la Fondation Pro Patria?

Georges Queloz: En 1909, un négociant saint-gallois a eu l'idée d'organiser une vente de cartes postales à l'occasion de la commémoration du Pacte de 1291, le 1er août. Les fonds récoltés ont alors été versés à des œuvres d'entraide suisses. Pro Patria poursuit cette vocation. Les dons proviennent de la vente de timbres postaux et d'insignes à l'effigie de la fondation. L'an passé, nous avons recueilli 2,6 millions de francs.

– Pro Patria finance-t-elle toujours des œuvres d'entraide?

– Oui, mais un peu moins. Car il y a aujourd'hui des assurances sociales, inexistantes à l'époque. Nous participons à la préservation du patrimoine culturel, architectural et naturel de la Suisse. Récemment, nous avons soutenu la rénovation de la chapelle de Porrentruy (JU), le pavillon de bain de Gorgier dans le canton de Neuchâtel, le pont de Saint-Jean à Saint-Ursanne (JU), qui tombe en ruine, la fontaine de Carouge ou encore la maison du général Dufour à Genève. Il faut se rendre compte que certaines communes n'ont pas les moyens ou la préoccupation nécessaires pour rénover une construction qui revêt un intérêt touristique et historique important, représentatif du patrimoine suisse. Nous finançons aussi des échanges entre jeunes de régions linguistiques différentes.

– L'an passé, les Genevois n'ont versé que six centimes par personne à Pro Patria contre 1,17 franc en Appenzell, alors que la moyenne suisse est de 35 centimes. Les Genevois boudent-ils la collecte nationale?

– Non, contrairement à ce que certains pensent, les Genevois ne sont pas de mauvais Suisses. Le problème est qu'une loi cantonale nous autorise à lancer la collecte seulement 48 heures avant le 1er Août, tandis que dans les autres cantons elle débute à la mi-juin. Ensuite, la population issue des organisations internationales ne se sent pas concernée par le 1er Août. Et puis, les écoliers ne participent plus à nos ventes, ce qui fait qu'ils ne nous connaissent plus.

– Et avec un tel nom, Pro Patria leur fait penser à un mouvement politique…

– Pas à tous. Nous avons lancé un concours dans les écoles genevoises pour que les enfants sachent qui nous sommes et ce que nous faisons.