Gare aux gaspillages à l'Etat de Genève. La Commission de contrôle de gestion (CCG) du Grand Conseil s'est penchée sur l'Hospice Général, l'Office de la jeunesse, le Centre horticole de Lullier, l'Office des poursuites et faillites, ou encore la construction du Stade de Genève. Là où des dysfonctionnements sont apparus au niveau de la gestion et des finances. Pour améliorer le bon fonctionnement de l'administration publique, la commission suggère au Conseil d'Etat «d'harmoniser les systèmes de contrôle interne de tous les départements», rapporte son vice-président, le député libéral Ivan Slatkine.

Le Temps: Grâce à vos enquêtes, avez-vous mis en évidence des gaspillages?

Ivan Slatkine: Oui, il y a beaucoup de chose à améliorer. Les dossiers sont connus. La construction du Stade de Genève a par exemple mis en évidence de la part du Conseil d'Etat une absence de vision globale. Chacun y étant allé de sa méthode. Le gouvernement semble avoir retenu la leçon puisque les conseillers d'Etat ont créé une commission interdépartementale pour l'organisation de l'Euro 2008.

– Le Conseil d'Etat s'est-il montré coopératif avec la commission, notamment pour la transmission des documents?

– Plus qu'avant. Mais il ne joue pas encore le jeu à 100%. Il y a encore des rapports qu'il ne nous a pas transmis. A nous aussi de lui montrer que le but de nos enquêtes est constructif.

– Qu'avez-vous conseillé au gouvernement genevois pour améliorer le fonctionnement de l'administration tout en faisant des économies?

– L'Etat de Genève est un gros paquebot où les mentalités ne changent pas facilement. Nous avons suggéré au gouvernement d'harmoniser les systèmes de contrôle interne de tous les départements. Cela permettrait de mieux localiser les dysfonctionnements. L'Etat devrait aussi adopter les normes comptables internationales IPSAS. On peut faire des économies sans toucher aux postes. Pour cela il faut mettre en place dans l'administration cantonale un véritable outil de gestion qui permette d'utiliser de façon optimale les ressources tout en améliorant les prestations. Ge-Pilote devrait y contribuer. Mais que deviendra ce projet de réforme lancé par Martine Brunschwig Graf, lorsqu'elle ne sera plus au gouvernement en 2006?