Six jours de dépaysement avant la rentrée scolaire. Pour la majorité des Fribourgeois, depuis vingt-six ans, les Rencontres de folklore internationales (RFI), avec leur déferlement de musiciens et de danseurs costumés dans les rues de Fribourg et des concerts de gala, signifient un dernier bol d'exotisme avant la fin des vacances.

Peu connue hors du canton, boudée par les gros sponsors, la manifestation, créée pour stimuler les échanges culturels grâce à des spectacles des cinq continents, cherche un second souffle. Gérées de manière semi-professionnelle par des amateurs entourés de 300 bénévoles, les RFI demeurent pourtant, avec la Jazz Parade, le rendez-vous culturel qui attire le plus grand nombre de spectateurs à Fribourg.

Du 22 au 27 août, quelque 40 000 personnes ont ainsi eu un avant-goût des folklores d'Afrique du Sud, des Philippines, du Pérou, des Etats-Unis, de Palestine, d'Italie, d'Ukraine et du Kazakhstan, grâce aux prestations de quelque 250 danseurs et musiciens. Si les échanges entre les organisateurs et les groupes sont fructueux, le public, brièvement parachuté dans des traditions folkloriques méconnues, n'y trouve pas forcément son compte. Les jeunes boudent une manifestation jugée ringarde.

Jacques Peiry, président des RFI, confronté à une baisse des recettes, envisage un renouveau.

Le Temps: A quoi attribuez-vous la baisse de fréquentation des spectacles de gala?

Jacques Peiry: L'offre culturelle s'est fortement développée. Le public a l'embarras du choix. Il faudra peut-être axer les prestations publiques gratuites sur les orchestres folkloriques et réserver les danses aux spectacles payants. Nous sommes proches de la rupture de l'équilibre financier. Les subventions ont été réduites et d'importants sponsors nous ont quittés.

– La manifestation souffre-t-elle d'une mauvaise image?

– Je constate que de grandes entreprises choisissent leur sponsoring pour satisfaire les goûts de leurs gros clients, et que d'autres visent un public cible, les jeunes par exemple.

– Qu'envisagez-vous pour attirer un nouveau public?

– Inviter des groupes qui plaisent aux jeunes, par exemple autour de la musique celte ou cubaine. Nous pouvons également intéresser un public alémanique en invitant des formations folkloriques suisses confrontées aux groupes étrangers.