Comme prévu, Jean-Baptiste Beuret est le nouveau président du PDC du Jura. Il succède à Madeleine Amgwerd, ex-conseillère aux Etats évincée en octobre 2007. Le banquier de 52 ans a été élu par acclamation, sans adversaire. Ancien chef du Service jurassien des contributions et patron de la trésorerie cantonale, il a bifurqué vers le privé en 1998, comme directeur de la Banque Jura Laufon, dont il est devenu président du conseil d'administration.

Jamais confronté à un mandat électif, Jean-Baptiste Beuret a dirigé le groupe interne qui a ausculté les maux qui ont conduit le PDC à perdre son siège au Conseil national. Il a produit un rapport sans complaisance, appelant le PDC à clarifier sa ligne de conduite. L'exercice d'introspection a été bien accueilli.

Le Temps: D'abord, vous n'en vouliez pas. Pourquoi avoir accepté la présidence du PDC?

Jean-Baptiste Beuret: J'imaginais qu'une personnalité déjà active dans le parti s'approprierait les conclusions du groupe qui avait réfléchi aux causes des difficultés du PDC. Personne n'a émergé. Par cohérence, pour éviter une période de jachère, je me suis engagé.

– Etes-vous, alors, président par défaut, ou aux ambitions inavouées?

– Ni l'un ni l'autre. Même si je ne rue pas dans les brancards pour tout et rien, ma motivation est grande. Je n'ai pas d'ambition cachée. J'avais été contacté, à l'interne, en 2006, dans la quête de candidats au gouvernement cantonal. J'avais décliné. Je n'entends pas utiliser cette présidence comme tremplin. Mais je n'exclus rien non plus.

– Le PDC est tiraillé entre ses ailes progressiste et conservatrice. Le président est-il un arbitre?

– Je n'entends pas simplement faire office de coordinateur interne. Un travail de modérateur entre les sensibilités du parti est indispensable, je m'y emploierai de manière proactive, pour fédérer. Je souhaite surtout apporter mes convictions, être à la tête d'une présidence forte.

– Vous voulez clarifier la ligne du PDC, dessiner sa stratégie propre. Comment?

– Il faut, avec pragmatisme, définir des valeurs qui s'intéressent à la société pluraliste. Pas seulement viser certains groupes. Puis définir quelques grandes orientations, préciser comment le PDC voit l'intérêt du canton, en matière fiscale, de formation, de finances. Et communiquer ce programme. Pour éviter de réagir de manière conjoncturelle ou émotionnelle. Une telle stratégie manquait au PDC.

– Tirerez-vous les oreilles de ceux qui pourraient nuire au parti et à son image?

– Peut-être faites-vous référence aux affaires qui ont secoué le Jura. Ce n'était pas un problème de parti. Je prône un code de conduite pour nos élus et nos membres. La présidence du PDC ne peut être solidaire de tout. Sans toutefois stigmatiser.

– Le PDC, le PLR et le PCSI se réclament du centre. Doivent-ils davantage travailler ensemble?

– L'expérience montre que lorsque les partis se neutralisent, rien n'avance. Le PDC doit être ouvert au dialogue. Je n'entrevois pas de fusion, les distances entre nos partis sont trop grandes. Mais nous asseoir à la même table, oui.

– Qui est l'ennemi principal du PDC: le PS ou l'UDC?

– Ce ne sont pas des ennemis mais des contradicteurs. Le style démagogique de l'UDC me dérange le plus. Avec le PS, nous ne devons pas forcément choisir la tactique du marquage à la culotte et de l'opposition systématique. Au contraire, dans l'intérêt d'un canton qui doit se relancer, nous avons davantage intérêt à chercher, lorsque c'est possible, des points de convergence.