A l'image du reste du pays (41300 chômeurs de plus en août), la Haute-Savoie a enregistré un taux record de +10,3% demandeurs d'emploi pour ce mois, pour repasser la barre symbolique des 15000 chômeurs. Tous les bassins sont touchés sauf Genève (-0,2%). Le marché suisse continue donc à offrir de l'emploi aux Français et permet une sortie de crise. Jean-François Besson, le secrétaire général du Groupement transfrontalier européen (GTE), basé à Annemasse, qui regroupe 30000 adhérents, donne son analyse.

Le Temps: Il y a un an, vous avez créé votre propre service emploi* à l'intention des entreprises suisses. Un premier bilan?

Jean-François Besson: Ces douze derniers mois, 100 entreprises suisses ont contacté notre service emploi et proposé plus de 600 offres à nos adhérents. C'est un succès. Ces entreprises sont genevoises à 75%, pour le reste elles sont domiciliées dans les cantons de Vaud et Neuchâtel. Des noms comme Conforama, Crédit Agricole Suisse, Patek Philippe, Naville, CFF diffusent des offres sur notre site, tout comme des entreprises plus petites.

- Quels profils sont recherchés?

- C'est disparate. Cela va de l'informatique à l'hôtellerie en passant par le commercial, le secteur bancaire, l'horlogerie, le bâtiment.

- Quelles conditions pour avoir accès aux CV déposés?

- Les entreprises s'engagent à signer la charte du GTE et à respecter les conditions d'emploi et de salaire en Suisse. Elles doivent être adhérentes moyennant 150 francs annuels.

- Dans le contexte du marché de l'emploi en France, envisagez-vous de renforcer votre service?

- Oui. Notre volonté est de rendre service à nos adhérents dans un contexte suisse qui frise le plein emploi. Mais il ne faut pas exercer une trop forte pression. La Suisse ne restera sans doute pas toujours à l'écart des troubles économiques. Il n'est donc pas question de garantir à nos adhérents le plein-emploi.

- Craignez-vous une arrivée massive de chômeurs d'autres régions françaises attirés par l'eldorado suisse?

- Non. Il y a des mouvements dans ce sens mais ils sont très peu spectaculaires. Des estimations l'attestent: 60% des gens ayant déposé un CV ont déjà travaillé en Suisse et 57% ont actuellement un travail en Suisse ou en France voisine. *www.frontalier.com