L'UDC fribourgeoise a faim, projetant de décrocher deux sièges au Conseil national et un troisième aux Etats lors des élections fédérales de cet automne. Pour atteindre son objectif, la formation compte sur le député sortant Jean-François Rime, qui sera candidat aux deux chambres. Le parti dévoilera cette semaine son programme de campagne. Le point avec son président, Jean-Luc Rimaz.

Le Temps: L'UDC fribourgeoise est ambitieuse, mais n'a-t-elle pas atteint désormais son plafond?

Jean-Luc Rimaz: Non. Par rapport à 2003, nous avons créé de nombreuses sections locales. Nous sommes en constante progression, témoin les cantonales de l'an dernier. Nous allons encore accroître notre présence sur le terrain lors de la campagne. Par ailleurs, Jean-François Rime a acquis une notoriété certaine et récoltera nettement plus de voix que la dernière fois. En 2003, notre parti a raté de peu le deuxième siège au National; cette fois, nous pouvons l'atteindre. Peu importe au détriment de qui.

- Jean-François Rime se présentera à la fois au National et aux Etats. Ne craignez-vous pas de décontenancer les électeurs fribourgeois, peu habitués aux doubles candidatures?

- Absolument pas. C'est la personne adéquate pour représenter notre canton au Conseil des Etats. Actuellement, seuls deux élus fribourgeois sur neuf votent réellement à droite sous la Coupole. La population n'est pas représentée de façon proportionnelle. Certains partis ont certes l'étiquette de droite, mais leurs députés votent à gauche. La double candidature de Jean-François Rime sera un avantage. Très visible, il sera la locomotive électorale de l'UDC.

- Les radicaux ne présenteront peut-être personne aux Etats. Pouvez-vous en profiter?

- Il est important que la base du Parti radical se rende compte où se trouvent ses intérêts. A savoir élire un candidat qui vote comme eux, plutôt qu'un autre qui slalome constamment entre les positions. Lorsqu'on défend des idées de droite, on vote UDC ou PLR, mais en tout cas pas PDC. Cela dit, je ne me fais guère d'illusion. Le comité directeur du PLR finira par trouver un candidat pour accompagner le démocrate-chrétien Urs Schwaller sur leur liste commune. Même si cette alliance ne profite qu'au PDC.

- En cas de désistement du PLR, un rapprochement avec le PDC est-il envisageable pour l'UDC?

- Non. La moitié des membres du PDC votent à gauche et n'accepteront jamais une alliance avec nous. Par ailleurs, l'UDC ne saurait cautionner une politique de centre gauche. La discussion n'est donc pas possible avec ce parti.