«Notre objectif prioritaire est simple, c'est de regagner la confiance des contribuables et des communes», lance Jean-Marie Brandt, patron du fisc vaudois depuis le début de l'année. Présentée hier, la réforme de l'Administration cantonale des impôts (ACI) s'étendra sur sept ans. Le fisc aura une direction collégiale forte et disposera d'un système comptable unifié et du contrôle de gestion qui font actuellement cruellement défaut. Pour les mesures immédiates, le Conseil d'Etat a libéré 19 nouveaux postes de taxateurs, contrôleurs et autres fonctionnaires, qui doivent rapporter 8,6 millions de francs supplémentaires à l'Etat dès 2000. C'est une première réponse aux demandes de la table ronde sur les finances cantonales.

Le Temps: Pourquoi maintenir les 21 recettes de district, alors que les problèmes sont venus notamment de pratiques différentes entre celles-ci?

Jean-Marie Brandt: Elles offrent l'avantage déterminant de la proximité avec le contribuable. Comme nous allons introduire un bon audit, il n'y pas de raison qu'elles nous posent davantage de problèmes qu'une entreprise à 21 succursales. Cinq de ces recettes seront dotées de compétences particulières pour les impôts spéciaux et les réclamations juridiques.

– L'accent sera mis sur une «meilleure gestion des débiteurs». Combien est-ce que cela peut rapporter?

– La masse totale des actes de défaut de biens se monte à 300 millions de francs, dont nous espérons récupérer 3 à 5%. Mais notre action doit aussi intervenir en amont, en suivant de façon plus serrée les débiteurs. Nous chercherons aussi à raccourcir de moitié les délais de paiement qui se produisent en cas de réclamations juridiques, et qui sont en moyenne de cinq ans et demi; 2000 dossiers sont en souffrance, pour 300 000 contribuables.

– 30% des Vaudois ne paient pas d'impôts. Est-ce normal?

– C'est la réalité socio-économique du canton qui le veut. L'immense majorité de ces personnes sont dans une situation qui ne leur permet pas de payer. Les problèmes de soustraction fiscale ou de défaut d'assujettissement ne concernent qu'une toute petite part.

– En 2003, le canton passera à la taxation annuelle. Ce système est-il plus favorable aux caisses de l'Etat?

– On ne peut pas le dire. Le grand avantage du nouveau système, que connaissent déjà la plupart des cantons et des pays européens, est qu'il permet de suivre de plus près la situation réelle des contribuables, beaucoup plus instables que par le passé, qu'il s'agisse de leur situation économique ou de leur mobilité professionnelle.