Après six ans d'existence, le Groupement des coopératives d'habitation genevoises tire son premier bilan: une activité très intense dans la création de logements. Dans un contexte problématique à Genève, les 35 membres tentent depuis 2001 de promouvoir l'habitat coopératif.

Le Temps: Quels avantages présente le logement coopératif?

Jean-Pierre Chappuis: C'est une alternative intéressante. Il se situe entre la propriété par étage et le logement locatif. Les sociétaires doivent participer à une mise de fonds de 5% seulement du prix de revient de l'immeuble en coopérative, contre 20% en propriété. Cela leur permet d'en devenir cogestionnaire. Ils prennent part à toutes les décisions concernant leur immeuble. Ainsi, les personnes sont responsabilisées par leur investissement personnel: celui-ci influe sur leur comportement ainsi que sur celui de leurs enfants. On n'assiste qu'à très peu de vandalisme, par exemple.

- Quel intérêt pour les locataires?

- Tout d'abord, nos loyers sont plus intéressants sur la durée que ceux d'autres propriétaires privés. Nous n'avons pas de rendement à obtenir, n'étant pas une société à but lucratif. Il nous suffit juste de couvrir les charges du bâtiment. On arrive alors à des loyers mensuels qui avoisinent 800 francs pour un 4 pièces dans un immeuble bien entretenu, plus de trente ans après sa construction. La pérennité des loyers avantageux est ainsi assurée. Ce système répond donc à un réel besoin.

- Quel bilan tirez-vous de vos six années d'activité?

- Les réalisations ont été nombreuses. Nous avons permis de créer plus d'un millier de logements. Par ailleurs, nos 35 membres possèdent plus de 4100 logements et aucun d'entre eux n'a fait faillite depuis plus de quatre-vingts ans. A titre d'exemple, en 2005, nous avons construit plus de 25% des appartements neufs à louer dans le canton. Parmi les quartiers concernés, on trouve Cressy, Le Pommier (Grand-Saconnex), ou encore Battelle, à Carouge.

- Quelles perspectives envisagez-vous pour les années à venir?

- Nous espérons être étroitement associés à la lutte contre la pénurie de logement, en étant des partenaires actifs et en développant les synergies avec les communes. Nous avons le potentiel nécessaire pour construire plus de 6000 logements dans les quinze prochaines années, dont un minimum de 2300 dans les cinq ans à venir. Nous fondons de grands espoirs sur les terrains faisant l'objet de Plans d'aménagement coordonnés (PAC), en créant par exemple un «village de coopératives», privilégiant la qualité de l'habitat. Il s'agit de La Chappelle-Les Sciers, des Vergers ainsi que des Communaux d'Ambilly, par exemple. Nous comptons également terminer certaines opérations déjà mises en route, dans le quartier du Pommier, de la Roseraie, de Cressy et en ville de Genève.