Bonne nouvelle pour la ligne ferroviaire du Simplon et ses partisans. Après la catastrophe survenue le 24 mars dans le tunnel du Mont-Blanc, les CFF et la SNCF ont été chargés par leurs gouvernements respectifs d'étudier la valorisation de cette ligne pour le trafic de marchandises, afin de décharger les passages alpins routiers traditionnels. C'est ce qu'a annoncé hier le Vaudois Michel Béguelin, conseiller national socialiste et candidat aux Conseil des Etats, auteur d'interventions répétées dans ce sens.

Le Temps: Que peut-on attendre d'une telle étude, qui doit être livrée à la fin de l'automne?

Michel Béguelin: Elle devrait montrer que l'itinéraire par la vallée du Rhône et le Simplon, conçu comme double galerie dès l'origine, pourrait offrir rapidement un axe ferroviaire facile et performant, avec un supplément de sécurité par rapport aux itinéraires transalpins d'Europe occidentale.

Quel est l'enjeu?

La Suisse a une chance unique de manifester sa réelle solidarité à l'égard de ses voisins européens. Et l'économie romande a tout intérêt à se trouver branchée sur un axe de transit marchandises important. Il faut dénoncer l'attitude des CFF qui, obnubilés par le Gothard, n'ont rien voulu faire pour le trafic marchandises par le Simplon. Or, il est évident que le marché existe, il faut lui proposer une offre attrayante.

Quelles seraient ensuite les conditions de la réalisation?

Tout le poids politique de la Suisse occidentale devra être engagé en vue de la concrétisation. Dans l'immédiat, il faudrait élargir à 4 mètres les tunnels de Saint-Maurice et de Burier-Clarens (VD). Mais c'est faisable à court terme et pour un coût d'une vingtaine de millions au maximum.

Croyez-vous vraiment à une nouvelle politique française en faveur du rail?

Bien sûr, il faut tenir compte de l'émotion après la catastrophe. Mais la détermination du ministre des Transports Jean-Claude Gayssot, appuyé par le premier ministre Lionel Jospin et la ministre de l'Environnement Dominique Voynet, me semble extrêmement forte. Le tunnel est fermé pour un an au moins et l'on peut s'attendre à de fortes pressions de la région de Chamonix contre la reprise du trafic lourd.

Ce dossier sera-t-il votre principal thème de la campagne électorale qui commence?

Pas du tout! C'est une question d'actualité, dont il faut bien parler maintenant. Mais faites-moi confiance, je sais parler d'autre chose que de transports. Je ferai campagne sur le dossier européen, de même que pour la défense des salariés, des rentiers, des handicapés et des paysans, les quatre catégories les plus touchées par les effets de la globalisation sur l'économie suisse.