L'indépendant Michel Carron a annoncé samedi qu'il était à nouveau candidat dans la course au Conseil d'Etat valaisan, dont le premier tour se jouera le 4 mars. Déjà présent en 1997 où il avait fait environ 14% des voix, le candidat d'Ovronnaz entend placer sa candidature une nouvelle fois sous le signe de la critique du système politique valaisan résumé en un cinglant slogan: «Stop magouilles».

– Le Temps: Quelle est la motivation principale de votre candidature?

– Michel Carron: Ma candidature est une riposte aux divers processus de corruption en Valais. En 1987, je fus le premier à dénoncer ce fléau. En 1997 j'ai démontré les mécanismes utilisés par les réseaux politico-économiques. Aujourd'hui, il n'y a toujours aucune volonté politique de mettre un terme à ces pratiques.

– Après le renoncement des démocrates-chrétiens du Haut-Valais, les jeux semblent déjà faits…

– Il est indispensable que les Valaisannes et les Valaisans prennent conscience que les manipulations et mensonges d'Etat masquent les phénomènes de corruption. Une étude récente de l'Université de Fribourg s'est penchée sur la réalité valaisanne. Le constat concernant le fonctionnement de la justice en Valais est particulièrement accablant.

– Quel Valais voulez-vous?

– Un Valais moins fermé sur lui-même et ses petites combines, un Valais où il y aurait davantage de liberté d'expression et de débat sur le fond. Or ce débat est volontairement occulté. Pascal Couchepin avait déclaré que la presse cantonale infantilisait les Valaisans. Cela fait partie d'un tout mis en place et entretenu par l'Etat PDC.

Force est de constater qu'il n'y a pas de contrôle sérieux sur les magistrats juridiques et politiques. La séparation des pouvoirs est seulement apparente. La totalité des juges, des fonctionnaires et des administrateurs des sociétés étatiques ou para-étatiques, est mise en place par les oligarques du PDC.

Comment les Valaisans peuvent-ils accepter par exemple que l'Etat octroie des crédits LIM à une société de remontées mécaniques, alors que son patron, proche cousin du chef du Département de la sécurité et des institutions, utilise malignement la justice pour nuire à une société concurrente dont la situation financière est saine? Vous verrez que dans cette affaire, ce sont finalement les contribuables qui paieront les frais de justice!

– Qu'allez vous voter à l'initiative «Oui à l'Europe»?

– Après avoir longuement séché, ma réponse est aujourd'hui claire, nette et précise: Je voterai un OUI de raison.