Lundi soir, pour la première fois, deux parlements communaux, ceux de Fribourg et de Villars-sur-Glâne, ont siégé ensemble dans un lieu inhabituel, le centre de congrès de Forum Fribourg situé sur une troisième commune, celle de Granges-Paccot.

L'événement, ponctué par la votation de résolutions de soutien à l'agglomération, marque la volonté politique des élus de voir rapidement se réaliser le réseau d'étroites collaborations intercommunales attendu depuis 1995 pour renforcer le centre fribourgeois face aux agglomérations bernoise et lausannoise.

Lancé en janvier 1999 par une initiative populaire, le processus de constitution de l'agglomération fribourgeoise autour de cinq, sept ou quatorze communes selon les variantes, s'accélère. Un sondage a démontré qu'une forte majorité de la population souhaite ce regroupement pour la réalisation de tâches communes dans les domaines économique et culturel, et la réalisation d'infrastructures de transport ou sportives.

Après de sérieuses hésitations, patiemment levées par Nicolas Deiss, préfet du district de la Sarine, les exécutifs des principales communes de l'agglomération sont aujourd'hui acquis à ce regroupement, à l'exception de celui de Marly. Or l'agglomération se conçoit mal, au plan économique, sans cette localité de 6800 habitants séparée de la ville par la Sarine et qui dispose, comme Villars-sur-Glâne ou Givisiez, de terrains industriels disponibles. L'entrée en scène d'un professeur d'économie, Gaston Gaudard, habitant Marly, renforce la controverse. Nicolas Deiss affiche pourtant un optimisme militant.

Le Temps: La séance réunissant deux parlements communaux sur le thème de l'agglomération constitue-t-elle un tournant historique?

Nicolas Deiss: Tout à fait. C'est une nouvelle manière de faire de la politique. Il est réjouissant que les communes tissent des liens entre elles. On évite également ainsi la constitution d'un fossé, par manque d'information, entre les exécutifs et les législatifs.

– Le professeur Gaston Gaudard craint une hausse d'impôts et menace de quitter Marly si l'agglomération inclut cette localité. Que pensez-vous de cette attitude?

– Ce sont des affirmations gratuites. Chaque commune restera libre de fixer son taux d'imposition. La ville de Fribourg apporte beaucoup à la région, notamment des emplois et des centres de divertissement. C'est trop facile de travailler et de s'amuser à Fribourg tout en se retirant dans une commune voisine pour payer moins d'impôts et jouir de davantage de calme.

– La commune de Marly peut-elle bloquer le processus d'agglomération?

– Je suis optimiste. Nous allons mieux informer et je pense que Marly acceptera de s'intégrer dans ce projet. Au moment du vote populaire sur les statuts de l'agglomération, les gens auront tous les dossiers en main, y compris une planification financière. La priorité consiste à créer une zone économique commune forte.