En ville de Lausanne, tous les espaces communs des bâtiments scolaires seront non-fumeurs. Les enseignants seront aussi tenus de ne pas fumer en présence d'élèves. Le point avec Oscar Tosato.

Le Temps: Sur quelle base avez-vous pris cette décision?

Oscar Tosato: C'est la résultante du dialogue entamé avec les douze directeurs des établissements lausannois (ndlr: 14000 élèves et 58 bâtiments). Elle concerne tout l'enseignement obligatoire et part d'un double constat. Premièrement, depuis des années, une partie des enseignants demande des salles des maîtres non-fumeurs. Deuxièmement, il est important que le discours de prévention qui est diffusé au sein des écoles soit cohérent avec les faits. Cette cohérence passe par l'exemple donné par les maîtres. Bien sûr, comme pour toute interdiction, il faut des mesures d'accompagnement. Les écoles qui le souhaitent peuvent proposer d'éventuels locaux pour leurs fumeurs et, pour autant qu'il n'y ait pas d'investissement à faire, ces locaux pourraient leur être dédiés.

- Pensez-vous avoir l'appui du corps enseignant?

- A un moment donné, la situation était figée sur les locaux fumeurs ou non. C'était au politique de trancher. Bien sûr, certains ne seront pas contents, invoquant la liberté individuelle. Je pense que tout évolue, les mentalités aussi. Personnellement, j'avais un maître qui fumait le cigare en classe!

- La fumée en course d'école, c'est aussi fini?

- Les enseignants, contrairement à d'autres professions, ne peuvent abandonner leur travail pour s'en griller une! Nous leur demandons de ne plus fumer dans le préau mais nous ne voulons pas non plus qu'ils aillent sur le trottoir ou au bistrot en face pour le faire, ce serait contre-productif! Encore une fois, les choses se mettront en place en douceur. Quant aux courses d'école, il ne s'agit pas d'interdire la consommation de tabac. Ce que nous disons c'est: «Faites attention de ne pas avoir une attitude de «grand torailleur» devant les élèves.» Une fois cela dit, les enseignants restent libres d'estimer quel est le meilleur comportement à adopter.

- Pour l'école, c'est une volonté de cohérence pédagogique plutôt qu'un message de santé?

- La cohérence éducative est importante. Les enfants voient des maîtres qui montrent qu'ils sont capables de maîtriser leur consommation. Le discours de prévention de l'école se trouve en adéquation avec les comportements, c'est important.