Le marché du logement reste tendu dans le canton de Neuchâtel. Entre juin 2004 et juin 2005, le taux de vacance est passé de 1,23% à 1,25% (on parle de pénurie en dessous de 1,5%). Les différences régionales sont particulièrement marquées, en particulier entre le Haut et le Bas du canton. Explications avec Pascal Magnin, chef de l'Office du logement du canton de Neuchâtel.

Le Temps: Après le district de Neuchâtel l'an dernier, le Val-de-Ruz est désormais le district du canton où il est le plus difficile de trouver un logement. Comment expliquez-vous cette nouvelle tendance?

Pascal Magnin: Le Val-de-Ruz constitue un cas exceptionnel avec un taux de vacance de 0,26%. La région est attractive, située entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. C'est, en outre, une zone résidentielle, où il se construit très peu d'immeubles. Au-delà de ce cas particulier, les chiffres 2005 sont porteurs d'espoir pour le canton. Les districts de Neuchâtel et de Boudry connaissaient une forte pénurie en 2003, avec des taux de vacance de respectivement 0,19% et 0,35%. Cette année, les taux sont remontés à 0,48% et 0,54%. Cette amélioration est le fruit du travail conjoint d'investisseurs privés et de l'Office du logement.

– Dans les districts de La Chaux-de-Fonds, du Val-de-Travers et du Locle, en revanche, les prix sont bas et les taux de vacance très élevés…

– Ces trois districts excentrés permettent à Neuchâtel d'être, en moyenne, le canton qui propose les logements les meilleur marché de Suisse! Le Locle présente la situation la plus difficile. Son attractivité insuffisante se traduit par un taux de vacance de 4,85%, ce qui constitue un record suisse.

– Comment l'expliquez-vous?

– Les appartements sont le plus souvent anciens, mal entretenus et ne correspondent pas aux standards de notre époque. Dans ce contexte, c'est toujours la même chose: si Pierre et Paul ne veulent pas d'un logement, Jacques n'en voudra pas non plus.

– Au vu des chiffres, les districts du Val-de-Travers (1,25%) et de La Chaux-de-Fonds (1,82%) tirent mieux leur épingle du jeu…

– Le Val-de-Travers se trouve désormais sous le seuil de pénurie, ce qui peut constituer un déclic pour la construction de logements neufs. La Chaux-de-Fonds se trouve en dessus du seuil de pénurie depuis deux ans. Mais la ville possède des atouts, notamment si on lance un programme de rénovation d'appartements. C'est un des objectifs du futur observatoire cantonal du logement.

– L'ouverture de l'A5, en mai dernier, a-t-elle déjà produit des effets sur le marché du logement?

– Non, c'est encore trop tôt. Pour être attractif, il y a encore beaucoup de travail, notamment sur la rive du lac de Neuchâtel, entre Bevaix et Vaumarcus. Les Vaudois ont dézoné des terrains à proximité, entre Grandson et Concise. Si on ne veut pas voir les contribuables neuchâtelois aspirés par ces communes, nous devrons dézoner à notre tour. Mais comme l'a dit Fernand Cuche, chef du Département de la gestion du territoire, il faudra procéder «de manière intelligente et réfléchie».