La traversée de la rade écartée, voilà qu'un autre projet resurgit dans l'arène politique genevoise. Il s'agit du tunnel reliant La Praille aux Eaux-Vives, une idée qui remonte à 1912. Alors que le département des transports défend l'idée d'un métro léger, les députés ont décidé dans leur écrasante majorité de demander un crédit de cinq millions pour étudier la réalisation de ce tunnel (La Tribune de Genève du 7 janvier) qui permettrait de relier rive droite et rive gauche. Le député libéral René Koechlin est également urbaniste. Fervent partisan du projet, il explique pourquoi.

Le Temps: Comment expliquez-vous l'unanimité des députés autour de ce projet?

René Koechlin: Ils ont pressenti ses qualités. Outre le fait qu'il fait déjà l'objet d'une concession, que les terrains sont réservés et que la Confédération – par l'intermédiaire de Moritz Leuenberger – a promis d'en financer les deux tiers, son avantage décisif est de correspondre à l'évolution de l'aménagement du canton. Actuellement, 80% des demandes d'implantation pour les activités économiques concernent la rive droite, du fait de l'autoroute, de l'aéroport et du rail. Or, la zone entre le Rhône et l'Arve est en train de se développer et les transports publics se doivent de soutenir cette évolution. Par ailleurs, le tunnel ferroviaire desservirait la gare des Eaux-Vives. Autrement dit, il contribuerait également à l'essor de la zone entre l'Arve et le Lac.

– Si les qualités de ce projet sont aussi évidentes, pourquoi le Département des transports soutient-il le projet du métro léger?

– Parce que les préoccupations du département de Gérard Ramseyer se limitent aux transports en commun. Ils ne soucient guère d'aménagement du territoire. Rendre service à la population: tel est leur objectif. Mais ils ont des œillères. Le métro léger est un projet purement urbain, qui ne suffirait pas à répondre aux besoins de la région.

– Et que reprochez-vous au projet dit du «barreau sud», liaison TGV entre La Praille et Saint-Julien?

– Même si un TGV, c'est un peu cher, je n'ai rien contre. D'autant qu'il n'est pas incompatible avec le projet que je défends. Cela dit, le tunnel serait plus utile à Genève.