Le «Center for Aviation competence» (CFAC) ou Centre d'étude en matière de trafic aérien. C'est avec ce titre que s'est installé depuis début juillet à l'Université de Saint-Gall un nouveau domaine de recherche indépendant. Avec l'ambition, à moyen terme, de délivrer aux étudiants, des MBA en Aviation Management. Président du projet, le professeur Roland Müller, docteur en droit aérien, présente son centre.

Le Temps: Quelles sont les motivations d'un tel centre de recherches?

Roland Müller: Il a d'abord été pensé pour soutenir le secteur du trafic aérien. La recherche doit pouvoir lui donner de nouvelles impulsions.

Notre centre réunit quatre instituts qui permettent de se pencher sur les fluctuations du marché, sur les aspects touristiques, sur l'économie. Nous pourrons ainsi nous intéresser à l'utilité pour l'ensemble de la Suisse d'un hub comme le propose l'aéroport de Zurich. Ou à des situations de crise auxquelles sont confrontées les compagnies, comme le fut Swissair. Nous aborderons aussi des questions de travail avec les professions qui sont concernées, que cela soit au sol ou dans les airs. Vous le constatez, c'est une palette très riche.

– Pourquoi maintenant?

– ll y a d'abord un souci d'image à refaire. Celle du trafic aérien a beaucoup souffert durant ces dernières années, avec toutes les crises qui sont survenues. Pilote n'est plus le métier de rêve qu'il a une fois été. Cette image est primordiale car le trafic aérien est un facteur essentiel de mobilité. Cela, personne ne peut le nier.

Le domaine d'étude primaire sera le marché suisse, mais nous aspirons aussi à une orientation internationale. A long terme, on pense organiser une conférence internationale. Pourquoi pas sur des questions de sécurité.

– Une place par exemple pour les actuels débats en cours avec l'Allemagne autour du survol du territoire?

– Même si ce n'est pas la raison d'être de ce centre, il est clair que la politique autour de l'aéroport de Zurich, les rapports avec l'Allemagne nous intéressent. Plusieurs organismes nous ont assurés de leur soutien. L'Office fédéral de l'aviation et Skyguide notamment ont salué cette démarche.

– Ce centre fonctionne avec un «chef d'entreprise» et grâce à des sponsors. Cela ne pose pas un problème pour la recherche?

– Il est possible de travailler avec des sponsors et de rester loin de toute influence. Nos soutiens sont des entreprises qui ont envie d'encourager la recherche dans ce domaine et, pourquoi pas, de proposer des thèmes de travail. A l'heure qu'il est nous sommes obligés de trouver des ressources financières de cette manière.