Questions à Sami Kanaan. «Zurich et Genève sont prédestinées pour tester le péage urbain»

Questions à Sami Kanaan, président de l'ATE genevoise.

Le Grand Conseil zurichois est favorable au principe d'une taxe routière de type «road pricing» pour lutter contre l'engorgement du trafic d'agglomération. Une résolution en faveur du péage urbain a été votée mardi soir, contre l'avis de la droite du parlement et du gouvernement. Elle demande au gouvernement de développer des modèles de taxes en collaboration avec l'administration fédérale. La gauche et le PDC ont obtenu une majorité en vantant les expériences réalisées à l'étranger. Qu'en pense l'ancien député socialiste Sami Kanaan, partisan du péage urbain?

Le Temps: Le parlement zurichois est le premier en Suisse à se prononcer en faveur du péage urbain. C'est donc que les choses bougent?

Sami Kanaan: Cette décision est réjouissante. Elle montre qu'une prise de conscience a lieu sur la nécessité de prendre des mesures plus marquées pour gérer le trafic automobile en milieu urbain, afin de limiter ses nuisances, notamment pour la santé et l'environnement mais aussi pour l'économie et l'emploi. La situation actuelle devient lentement mais sûrement intenable pour tous les concernés, pendulaires, habitants, entreprises, etc., et les coûts induits sont considérables.

- Où en est-on à Genève et en Suisse romande? Des projets concrets des villes et des cantons sont indispensables pour faire progresser l'idée.

- Pas très loin malheureusement. Le moment est sans doute venu de relancer le débat parlementaire. Il y a deux ans, nous avions renoncé à déposer une motion, sûrs que nous n'obtiendrions pas de soutien. Pour l'ATE, il serait indispensable de mener des expériences pilotes «grandeur nature», dans deux agglomérations suisses, afin d'évaluer concrètement ce modèle, comme l'a fait Stockholm avec succès. A l'issue de la période test, la population a eu l'occasion de s'exprimer par un vote populaire et a décidé d'adopter définitivement ce système. Les agglomérations de Zurich et de Genève seraient prédestinées pour un test.

- Le péage urbain ne pénaliserait pas trop les pendulaires?

- Au contraire car les pendulaires sont beaucoup plus pénalisés par les bouchons chroniques actuels. Le péage urbain n'est pas une panacée à lui tout seul, mais si le système est bien conçu, avec des tarifs différenciés en fonction de l'heure et de la cylindrée par exemple, et lié à des parkings-relais à l'entrée des agglomérations, ainsi qu'avec une bonne offre de transports publics, il constituerait une réelle amélioration aussi pour les pendulaires. Si on diminue globalement le trafic pendulaire, ceux et celles qui ont malgré tout une bonne raison de se déplacer en voiture circuleront beaucoup mieux, sans compter la nette amélioration de la qualité de vie.

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